Les mouvements
de résistance étaient actifs dans le Haut-Jura. Les Allemands
parcouraient les villages en convois de camions et autres véhicules
pour s'emparer des hommes susceptibles de renforcer le Maquis.
Ainsi, un jour de juillet 1944, ils arrivent à Menouillé
(village du canton d'Arinthod, dans le sud du Jura), parcourent les
rues, frappent aux portes à coups de crosses, et ordonnent à
tous les habitants de se réunir au centre du village.
Ma grand-mère Colette Lamberthod, 9 ans à l’époque,
se souvient que leur chien ayant aboyé, un soldat allemand le
mit en joue.
Cela eut comme conséquence l'évanouissement de sa propre
grand-mère, qui ne pu rejoindre les autres habitants.
Un ami de son mari qui aidait la résistance avait été
déporté peu avant et elle craignait le pire.
Dans l'un des camions, se tenaient les hommes de Dompierre-sur-Mont,
raflés le matin même.
Tandis que les villageois terrorisés attendaient, craignant le
pire, un motard allemand arriva et hurla des ordres.
Tout le détachement remonta dans ses véhicules et disparut.
Les villageois l'avaient échappé belle car ils apprirent
plus tard que les hommes de Dompierre avaient été fusillés.
Par contre son père, donc mon arrière-grand-père,
travaillait dans une centrale électrique proche du village, et
les Allemands n'ont pas eu le temps de la saboter.
A la suite de ces événements et de l'incendie de plusieurs
villages voisins, les habitants quittèrent leurs maisons et gagnèrent
la montagne. Ils y vécurent plusieurs semaines, sommairement
installés dans des grottes.
Parmi les souvenirs de ma grand-mère, reste cette image : un
jeune maquisard est assis dans la cuisine, sa Sten appuyée contre
le mur.
On lui a servi à manger.
Il organise avec le grand-père le ravitaillement de ses hommes,
cachés dans les montagnes environnantes.