Un combattant Belge
Par Guilhaume Nuydt

Insigne du 2ème Régiment de Lanciers

 

 

Guilhaume a 17 ans. Son arrière grand-père fut un combattant belge entre 1939 et 1945 et il a souhaité en protéger la Mémoire avec le même soin qu’il prend à veiller sur les documents hérités de son ancêtre. Ce fut un plaisir pour moi de l’aider.
Daniel Laurent


Voici l’histoire de mon arrière grand père, soldat belge issu de la classe 1933, combattant en 1940 dans le 2ème régiment de Lanciers et volontaire en 1944.

Le 2ème Régiment de Lanciers :


Le 2ème Régiment de Lanciers appartient à la 1ère Division de Cavalerie Belge.
La devise du régiment est : « Meurs premier comme devant » car le 2L eut le triste privilège de compter dans ses rangs le premier mort belge de la guerre 14-18, le cavalier Fonck (1).

Durant les années 20, le Régiment subit diverses réorganisations. En 1938 celui-ci est complètement motorisé (motocyclettes pourvues de side-cars, canons anti-chars et véhicules blindés légers T13 et T15). En 1939, le Régiment s’établit à Etterbeek, où il est constitué de six escadrons de combat.


L’agression de la Belgique :

En septembre 1939, Hitler agresse la Pologne et la France et l’Angleterre déclarèrent à leur tour la guerre à l’Allemagne. Arrive ensuite la drôle de guerre et en mai 1940 le Reich passe à l’attaque en « cassant » la neutralité de deux petits royaumes, la Belgique et les Pays-Bas.

Mobilisé lors de l’attaque allemande, il combat au sein du 5ème escadron du 2ème Lanciers. Lors de la Campagne de dix-huit jours de 1940, le Régiment se distingue dans certains combats défensifs ainsi que lors des contre-attaques de Tongres, Zwijndrecht, Zelzate, Dadizele et Passendale. En reconnaissance des actions courageuses de la dernière phase de cette campagne, l’Etendard se voit gratifié de la mention LEIE 1940.

Le 5ème escadron - le seul qui put occuper ses positions à temps - effectua une contre-attaque le 27 mai à l'est de la route Westrozebeke-Passendale, en direction du château de Pottegemsgoed. L'attaque démarra vers 19 heures, mais échoua à un kilomètre au nord-est de l'église de Passendal. (2)

Lors de la capitulation Belge le 28 Mai après ces combats difficiles, le régiment se rend et passe le reste de la guerre en camps de prisonniers, mais mon arrière grand-père, comme ses camarades néerlandophones, fut libéré le 11 juin 1940 en raison de leur langue car les allemands les considéraient comme « germains », « aryens ». Il n’a jamais considéré cette classification comme correcte.


L’occupation :

Mon arrière grand père parti ensuite travailler en Allemagne pour nourrir sa famille. En ces temps difficiles, les choix étaient limités et les « volontariats » souvent générés par des pratiques qui vaudraient de nos jours aux « recruteurs » des inculpations pour escroquerie. Il déserta de son usine en 1944 car les bombardements devenaient de plus en plus dangereux et rentra clandestinement en Belgique.


La Libération :

La libération de l’Europe était en cours et mon arrière grand-père s’engagea peut après la libération de son village dans l’armée britannique, dans le Royal Army Service Corps (RASC), engagé volontaire pour la durée de la guerre le 2/11/1944. Avec l’armée britannique, il participa à l’envahissement de l’Allemagne pour s’arrêter à Hanovre en 1945.
Il fût démobilisé en décembre 1945 et passa le reste de sa vie comme maçon.
Il décéda en 1989 et repose désormais à jamais dans le petit cimetière de Loppem parmi d’autres anciens combattants.

Notes :
1 – Merci à Prosper Vandenbrouke pour ces renseignements.
2 - Mai 1940, Peter Taghon, Editions Duculot, 1989, p. 194.

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