Le Val d’Ossola est une région septentrionale de l’Italie délimitée à l’ouest et au nord par la Suisse et au sud-est par les rives du lac Majeur.
C’est une région regroupant 35 communes alpestres,comptant une population de 85 000 habitants.
La ville principale est Domossola, point de convergence de 2 vallées : le Val Divedro et le Val Antigorio.
Après une intense activité de guérilla, les formations partisanes prennent facilement possession du Val d’Ossola, le 24 août 1944. La ville de Domodossola tombe le 7 septembre, après un ultimatum, la garnison allemande, composée d’unités de second ordre hisse le drapeau blanc. Des accords d’échanges de prisonniers sont conclus avec la possibilité de rejoindre les confins helvétiques.
Une «Junte de gouvernement», composée de membres représentant le CLNAI (Comité de Libération National de l’Italie du Nord) et dirigée par le socialiste Ettore Tibaldi, est chargée d’administrer la vallée. Elle va se réunir 13 fois.

Drapeau de la République d'Ossola
La république de l’Ossola est proclamée le 10 septembre 1944. Des journaux antifascistes sont imprimés (Liberazione, l’Unità ou l’Avanti), les syndicats réapparaissent, des timbres-postes surchargés au nom de la république sont même mis en circulation. Le ravitaillement passe par la Suisse, en échange de la production locale, la Confédération Helvétique fournit l’aide alimentaire, 20 tonnes de pommes de terre sont distribuées par la Croix-Rouge.
Si cette région n’est pas considérée par les Allemands d’un intérêt hautement stratégique, l’existence de cette enclave pour la République Sociale Italienne est un affront qu’elle ne peut tolérer.

L’opération Avanti :
Le 9 septembre, un bataillon d’élèves-officiers de la GNR parti de Maccagno à bord d’un navire de la X MAS, le San Cristoforo, débarque par surprise sur la rive occidentale du lac Majeur et s’empare de la ville de Cannobio, ils sont rejoints par les parachutistes du 3e bataillon Azzuro (du régiment parachutiste Folgore) formant ainsi une tête de pont pour une future action germano-italienne.
Le commandement de la GNR de Novare (Garde Nationale Républicaine) et celui des Brigades Noires mettent au point une opération d’anéantissement des forces partisanes avec l’approbation de l’état-major de la SS-und Polizeiführer Oberitalien West.
Les formations partisanes regroupent d’anciens militaires, des réfractaires à l’enrôlement dans l’ENR (Esercito Nazionale Repubblicano, l’armée de la RSI) ou au travail forcé en Allemagne.
Si elles s’intitulent division ou brigade (pour les unités garibaldiennes d’obédience communiste), leur effectif ne dépasse pas 400 hommes. En tout environ 4000 hommes qui sont répartis dans les divisions Piave, val d’Ossola, Valtoce ou Beltrami, ainsi que la formation partisane communiste : la 2e division Garibaldi.
Une piste d’atterrissage est aménagée à Domodossola pour un soutien aérien allié. Un Anglais, le major Patterson sert d’agent de liaison mais les Alliés ne fourniront aucun support logistique. Un commandement unique chargé de coordonner ces formations hétérogènes est sous la responsabilité du colonel Federici, de son vrai nom Gian Battista Stucchi.
Les forces de la RSI alignent 4 500 hommes regroupant divers corps: le bataillon parachutiste GNR Mazzarini, le bataillon GNR Venezia Giulia, les élèves-officiers de la GNR ; la Brigade Noire de Novare, le Waffen-füsilier bataillon Debica -SS italiens- , les paras du 3e bataillon Azzuro, 2 blindés du groupe Leonessa, un bataillon de la Decima Mas et avec le soutien de 500 Allemands de la SS-Polizei- Regiment 15. Un train blindé provenant de Novare est prévu également. Cette force est sous les ordres du SS-Obersturmbannführer Buch.
Prévues pour le 9 octobre et reportées en raison de la pluie, les opérations de reconquête du Val d’Ossola débutent le 11 octobre 1944 . 5 colonnes manoeuvrant en tenaille ont pour mission de s’emparer de Domodossola qui tombe le 14 et de chasser les partisans de la vallée.
La «junte» prend la route de la Suisse. Avec l’aide de l’artillerie du Flak Regiment 212 et du train blindé, les fortins tenus par les partisans de la division Piave tombent les uns après les autres. Le major Patterson est blessé et capturé. Le chef de la division Valtoce, d’obédience catholique, Alfredo di Dio est tué en inspectant les positions . Les combats acharnés opposent les SS du bataillon Debica aux partisans de la division Val d’Ossola. Débute un inexorable reflux des unités de la république partisane vers la Suisse ainsi que des civils de la vallée. Les autorités helvétiques estiment à 30 000 le nombre des réfugiés.
L’opération prend fin le 14 octobre 1944 et est une réussite, les bandes partisanes sont dissoutes ou débandées, elles se réfugient en Suisse ou dans les vallées voisines, 60 partisans ont perdu la vie, 200 sont capturés. Les forces de la RSI comptent 18 morts. La république partisane aura vécu 33 jours.


Partisans et soldats suisses à la frontière
Sources :
Legione SS italiana : Enzo Caniatti, editions Aliberti.
Sentire, pensare, volere : Sergio Corbatti, Marco
Nava. Ritter ed.
La Repubblica dell’Ossola : Paolo Bologna