Estonie: rassemblement d'anciens SS...

Discutons ici des évènements, des opérations et des personnalités de l'Axe et de ses alliés ; Allemagne nazie, Japon, Italie, mais aussi Roumanie, Hongrie, Bulgarie, Finlande, Slovaquie ...

Estonie: rassemblement d'anciens SS...

Messagepar OLSEN » 05 Jan 2012, 12:49

66 ans plus tard, ne peut-il pas y avoir une "relativisation" de cette attitude provocatrice?...Car c'est leur faire beaucoup de pub... qui entretien la ferveur des "nostalgiques" et "nationalistes" de tous poils et une jeunesse européenne en manque de repère et qui s'identifie par la glorification guerrière des Waffen-SS. Le cas existe dans tout les pays ou il y a eu des volontaires pour le III Reich. La banalisation par le silence de ce genre de rassemblement, ne niera pas pour autant les faits de l'Histoire...mais finira, avec l'aide des années qui passent à faire disparaitre les protagonistes et par la même, les commémorations... :roll:

Sur le même sujet lire les articles...La CE exclut de soutenir les criminels militaires.

L'Estonie continuera de commémorer un détachement nazi (militaire)
Anciens SS/Estonie: Moscou réclame une réaction internationale
Résolution sur le nazisme: Moscou déplore l'opposition de Washington
Estonie: jeu de simulation en l'honneur d'un détachement nazi
Une ONG juive pointe une réhabilitation sans précédent du nazisme en Europe
Estonie: la Russie indignée par un nouveau rassemblement d'anciens SS



http://fr.rian.ru/world/20120104/192949617.html


MOSCOU, 29 juillet - RIA Novosti. La Russie est indignée par le rassemblement des anciens combattants de la 20e division de la Waffen-SS tenu dimanche en Estonie, a déclaré mardi à Moscou le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andreï Nesterenko.

"Moscou est profondément indigné par le récent congrès des vétérans de la 20e division de la Waffen-SS en Estonie", a indiqué M.Nesterenko cité par le département de l'information et de la presse du ministère russe des Affaires étrangères.

"Les autorités estoniennes poursuivent leur réhabilitation blasphématoire des anciens SS et leurs complices, qu'ils qualifient de "combattants pour la liberté de l'Estonie", au nom du pseudo-patriotisme et en violation du jugement de Nuremberg et d'autres documents internationaux, dont la résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU en 2008", a noté le porte-parole.

Devenus traditionnels, "les rassemblements de Sinimäe ont acquis un caractère international et se déroulent déjà en présence de visiteurs d'autres pays européens avec le consentement des autorités", selon M.Nesterenko.

Plus de 500 vétérans SS d'Estonie, de Lettonie, de Lituanie, de Norvège, du Danemark, d'Allemagne et des Pays-Bas ont assisté dimanche au rassemblement de Sinimäe. Des jeunes membres du Club des amis de la Légion estonienne portaient des chemises noires et des cravates bleu-noir-blanc. Plusieurs véhicules étaient ornés de drapeaux géorgiens.

Le ministère russe des Affaires étrangères a maintes fois exprimé son indignation face à ces manifestations néonazies inacceptables pour un pays membre de l'UE.

Pendant la Seconde guerre mondiale, quelque 80.000 Estoniens ont combattu pour l'Allemagne nazie et 3.000 volontaires ont lutté contre les troupes soviétiques au sein de l'armée finlandaise. Plus de 30.000 Estoniens ont participé aux combats du côté soviétique.
@+ !
____________

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
OLSEN

Membre Passionné
Membre Passionné

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 4327
Inscription: 30 Déc 2008, 12:26
Localisation: ABSENT...
Pays: Un peu partout, en mer...
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar goliath » 05 Jan 2012, 15:52

    Assez nauséabond en effet, mais dans les pays baltes, les gens ne font pas le rapprochement entre les volontaires nationaux engagés (d'abord dans les armées nationales puis surtout dans la Waffen-SS) et les génocides juifs. Il faut dire que le massacre de juifs et d'opposants politiques (notamment communistes) se sont surtout déroulés durant l'année 1941, avec l'appui des autorités locales fidèles au régime nazi, mais non par ces détachements Waffen-SS, qui n'existaient pas encore ; par contre, comme avec la LVF/division Charlemagne, la plupart des auxiliaires et autres milices pro-nazis se retrouveront plus tard incorporées au sein des unités Waffen-SS.
    Comme nous en avions discuté dans d'autres fils, cette période est difficile à cerner pour ces populations baltes, puisque la période 1941-44 vit un certain regain de fierté et de "souveraineté" nationale (en apparence bien sur, les plans du Reich vis-à-vis de "l'Ostland" étant déjà réglés) en comparaison avec l'oppression communiste de 1940 puis de 1944 à 1990.
    Et contrairement à d'autres Waffen-SS européens, ces soldats se battaient sur leur propre sol, d'où le sentiment de "rapprochement" avec les populations et l'Histoire nationale ; par exemple, durant les batailles en Estonie (Narva entre autres), une grande majorité des "unités allemandes" sur place étaient des Waffen-SS étrangers, en particulier estoniens. Par la suite on en retrouvera à Berlin, entre autres, au sein de la "Nordland" il me semble, mais la majeur partie des sacrifices consentis par les Waffen-SS baltes se sont justement déroulés sur le sol balte. D'où ce rapprochement incompréhensible pour nous, mais "légitime" pour certains locaux.

    Et puis ... en réaction à l'article, la Russie n'a pas réellement de leçons à donner à ce niveau ... pour Moscou l'occupation des états baltes pendant 50 ans était parfaitement "légitime", une hypocrisie qui plus est amplifiée par le fait que la plupart des baltes ont vécu la période soviétique.
    Ce qu'il faudrait se serait plutôt une réaction de l'UE !
    Amicalement,

    - "He who controls the past controls the future. He who controls the present controls the past." Orwell, 1984

    L'Histoire du matériel militaire du XXème siècle, sur le site Sturmovik !
    Image
    http://sturmovik.histoquiz-contemporain.com/
    goliath

    Administrateur du site
    Administrateur du site

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 3753
    Inscription: 28 Jan 2008, 20:45
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar betacam » 06 Jan 2012, 16:22

    bonjour,

    283995-ss110730_10791.jpg



    284001-ss110730_10907.jpg



    ceux là ont quand même plus l'air de néo-nazis américains ou de gros bras du FN, que de défenseurs de la patrie.

    :grin:
    betacam

    Membre Passionné
    Membre Passionné

     
    Messages: 4975
    Inscription: 10 Mai 2008, 10:34
    Localisation: rueil-malmaison
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar goliath » 06 Jan 2012, 22:01

    C'est certain, sauf que les juger sans comprendre leurs motivations, et surtout, le "soutien" apparent de l'opinion public et des autorités locales, ça ne sert à rien. Et c'est d'ailleurs ces jugements hâtifs et inconsidérés qui favorisent l'expansion et l'attrait de ces groupes néo-nazis : on condamne sans expliquer, ce qui nuit à toute critique sérieuse.
    Je parle bien sur des cas baltes bien sur, des cas à part qu'on ne peut juger comme on juge les mêmes mouvements en France ou en Allemagne par exemple. J'exclus aussi de mon raisonnement les néo-nazis géorgiens, suédois et autres, bien entendu.
    Amicalement,

    - "He who controls the past controls the future. He who controls the present controls the past." Orwell, 1984

    L'Histoire du matériel militaire du XXème siècle, sur le site Sturmovik !
    Image
    http://sturmovik.histoquiz-contemporain.com/
    goliath

    Administrateur du site
    Administrateur du site

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 3753
    Inscription: 28 Jan 2008, 20:45
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar Alexderome » 08 Jan 2012, 01:08

    En effet, comme l'explique Antoine, les SS baltes comme les nationalistes ukrainiens de Stepan Bandera sont considérés par les autochtones comme des héros nationaux dépoussiérant le rôle collaborationniste. Néanmoins l'occupation du sol national par les Russes a fait naître un vif ressentiment et le peu de mémoire nationale anté-1945 repose sur ce type d'individus.
    ALEX
    http://hongrie2gm.creer-forums-gratuit.fr/forum.htm
    Eravamo 30 d'una sorte, 31 con la morte.
    Gabriele d'Annunzio
    Alexderome

    Membre Passionné
    Membre Passionné

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 1173
    Inscription: 29 Jan 2009, 00:28
    Localisation: PONTAULT COMBAULT 77
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar OLSEN » 28 Mar 2012, 18:17

    Le litige historique entre la Russie et la Lettonie se poursuit... :notice:

    193984139.jpg

    Marche des vétérans de la Légion lettone de la Waffen SS à Riga
    © RIA Novosti. Oksana Dzhadan
    21/03/2012



    La marche des vétérans de la Légion lettone de la Waffen SS à Riga et le forum russo-letton des historiens et des journalistes à Moscou se sont télescopées dans l’espace informationnel le vendredi 16 mars. Pendant que les légionnaires lettons déposaient des fleurs devant le Monument à la Liberté, les experts discutaient au centre de presse de RIA Novosti de la question de savoir s’il était possible de régler les questions complexes de l’histoire.

    Les collègues lettons ont immédiatement déclaré que la date du 16 mars ne figurait pas dans la liste des fêtes nationales officielles, que la majorité de la population était contre le fascisme et condamnait les crimes des bourreaux nazis. Nul n’a l’intention d’atténuer les conséquences de l’occupation allemande de la Lettonie, au moins parce que plus de 80% de juifs locaux ont été exterminés. Les participants russes ont également protesté contre la journée de commémoration des SS lettons, leur glorification, et qui plus est leur légitimation.

    La pendule de la politique historique

    Les "batailles pour l’histoire" ne cessent pas dans l’espace postsoviétique depuis plus de 20 ans. Elles se transforment parfois en "guerres internationales de la mémoire." Cependant, il faut garder à l’esprit que, par exemple, en Lettonie il n’existe pas d’histoire unifiée, mais trois versions du passé – la version officielle lettonne, la contre-version avancée par les chercheurs russophones, ainsi que celle écrite à l’étranger, y compris en Russie. Qu’est-ce que cela signifie? Toutes les questions sensibles sur le passé (les problèmes d’occupation et d’annexion, la part de responsabilité de l’URSS ou de l’Allemagne devant le peuple letton, les déportations, etc.) sont examinées dans le cadre d’un dialogue trilatéral difficile ou d’une confrontation.

    Bien sûr, la politique nationale de la Lettonie est influencée par la volonté de certains milieux de faire endosser toute la responsabilité pour la politique soviétique par la Russie contemporaine. Parfois on met l’accent sur les faits qu’il est avantageux de mentionner, mais on élude ce qui ne l’est pas. Et cela ne passe pas inaperçu en Russie.

    Mais la Lettonie suit également de près les mouvements contradictoires de la pendule russe de la politique historique. On y perçoit négativement les tentatives de restalinisation, la rhétorique impériale et la répartition des pays en "bons" et "méchants."

    Un thème à discuter

    La divergence des points de vue au sujet de "l'occupation soviétique", le collaborationnisme et la mise au même niveau de la responsabilité de la Wehrmacht et l'Armée rouge ne signifie pas que le dialogue entre les historiens doit être interrompu. Au contraire, dans les deux pays on débat activement du projet stalinien de soviétisation des pays baltes. Pourquoi, par exemple, n'y a-t-il eu aucune résistance à l'annexion soviétique, sachant que les services de renseignement étaient informés?

    Apparemment, il existe des raisons de croire que le gouvernement au pouvoir en Lettonie au moment de la signature du Pacte germano-soviétique (Molotov-Ribbentrop) en août 1939 était autoritaire et restreignait la liberté de la presse, de rassemblement et de réunion, ce qui préparait l’opinion publique à une "incorporation en douceur" à l'Union soviétique. Inutile de dire que seuls les mouvements qui étaient en faveur de la victoire des forces prosoviétiques ont été autorisés à participer aux élections organisées en vue de la formation d'un nouveau gouvernement.

    Reste à savoir pourquoi en 1941 les Lettons ont tiré dans le dos des soldats de l'Armée rouge qui battaient en retraite, tandis que les unités ethniquement homogènes, dont faisaient partie les Lettons, les Lituaniens et les Estoniens, luttaient courageusement au sein de l'armée soviétique, puis, même après avoir été dissoutes, ont contribué à libérer leur patrie.

    Aujourd'hui, les historiens des deux pays décrivent la situation après 1939 et après l'année victorieuse de 1945 de manière bien plus détaillée. L'attitude envers la Lettonie n'est plus perçue comme une affaire intérieure de l'URSS, mais comme une composante du processus général d'expansion de l'influence soviétique dans l'Europe de l'avant- et de l'après-guerre.

    Les recherches de formes "diplomatiques", sans diktat, d'influence soviétique en Europe de l'Est se sont également reflétées sur la politique de la nouvelle étape de soviétisation de la Lettonie. Cependant, après 1947, on a commencé à miser sur l'unification et les méthodes de force – répression, éradication des élites régionales et déportation de masse.

    Le procès de l'intégration des pays baltes à l'espace soviétique a pris du retard et n'a finalement jamais abouti. Les pays baltes, comme l'écrit Elena Zoubkova dans son livre Les pays baltes et le Kremlin. 1940-1953, sont demeurés une "zone problématique" pour Moscou jusqu'à l'effondrement de l'URSS.

    Une seule histoire pour les deux peuples

    Un dialogue récent entre les experts russes et lettons a confirmé qu'il existait des problèmes communs dans les deux pays, dont l'ethnocentrisme dans l'écriture des histoires nationales, les difficultés dans la réalisation de l'idée du multiculturalisme international, la différence de vitesse pour surmonter le passé impérial et soviétique, et la confrontation et l'intolérance dans les "batailles pour le passé".

    Un contexte plus large de contacts et de coopération, avant tout dans l'économie et le domaine humanitaire, l'attention accordée à la dimension humaine de l'histoire et à la mémoire sociale des gens, ainsi que le respect de la condition qu'il ne peut exister une seule version de l’histoire pourraient contribuer à surmonter l'incompréhension et à rapprocher les positions.

    Ce n'est pas un hasard si en Russie et en Lettonie les manuels scolaires "s'inclinent" face à l’influence de la famille, des grands-parents et d’internet.

    Bien sûr, les enfants des deux pays doivent avoir un manuel d'histoire identique, au moins en ce qui concerne la période 1939-1945, dans lequel sera écrite une histoire pour deux grâce aux efforts conjoints. Une commission de spécialistes russo-lettonne travaille dans ce sens depuis ces dernières années.

    Le dialogue des historiens se poursuit

    Au cours des sept dernières années l'Agence RIA Novosti offre un plateau pour des tables rondes et des conférences vidéo aux experts russes et lettons. Et en tant que participant, je peux affirmer que les rencontres ou les discussions virtuelles provoquent toujours une réaction positive et permettent de clarifier la position des deux parties et d'échanger des informations sur les dernières recherches.

    Mais cette année, une agence de presse connue et une fondation, qu'il est facile de trouver sur internet, ont tenté de désinformer le public et de compromettre le sens du dialogue permanent entre les historiens des deux pays. Même à propos du film Une histoire contradictoire, qui n'a pas pu être diffusé pendant la table ronde, il a été dit qu'il était consacré aux légionnaires lettons et justifiait leur participation à la guerre contre l'Armée rouge. J'ai eu l'occasion de le visionner auparavant, et je peux constater que la vérité sur le camp de concentration de Salaspils et l’Holocauste est narrée pendant leurs deux tiers du film par les Russes et les juifs qui ont été témoins de la tragédie.

    Les propagandistes ont inventé leur propre scénario de confrontation, qui n'avait rien à voir avec les événements réels. La transcription de la discussion réfute facilement ces divagations.

    Il ne reste plus qu'à regretter que les méthodes du fameux Institut américain pour l'analyse de la propagande soient tenaces en Russie. Mais il est évident que l'époque des "hautes instances dirigeantes", cherchant à déterminer l'ordre du jour des événements et à décider quelle note doit être attribuée et à qui, est définitivement révolue. De la même manière que tombent dans l'oubli les noms de ceux qui voudraient conserver une histoire politisée et conflictuelle.



    L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction
    @+ !
    ____________

    A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
    OLSEN

    Membre Passionné
    Membre Passionné

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 4327
    Inscription: 30 Déc 2008, 12:26
    Localisation: ABSENT...
    Pays: Un peu partout, en mer...
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar goliath » 28 Mar 2012, 20:15

    Bien sûr, la politique nationale de la Lettonie est influencée par la volonté de certains milieux de faire endosser toute la responsabilité pour la politique soviétique par la Russie contemporaine. Parfois on met l’accent sur les faits qu’il est avantageux de mentionner, mais on élude ce qui ne l’est pas. Et cela ne passe pas inaperçu en Russie.

    L'auteur omet volontairement de dire que la période d'occupation soviétique (et la russification, parallèlement) est bien plus récente, vivace et meurtrière pour les lettons, sachant qu'elle n'a cessée qu'en 1991, soit à peine 20 ans ; ceux qui ont dicté la politique de la RSS de Lettonie, ceux qui ont organisé la répression du peuple et de la culture lettone durant les dernières décennies de l'empire soviétique sont pour beaucoup encore bien vivants, et même encore en poste pour certaines (le FSB est un champion du recyclage dans le domaine). La Russie n'a jamais présenté d'excuses officielles, et la ligne officielle du Kremlin, champion de l'hypocrisie, qualifie encore l'occupation des états baltes comme "voulue, et rendue nécessaire par le contexte de l'époque". La négation de crimes, elle vient bien plus du côté russe que du côté letton ; d'ailleurs je suis certain que l'actuelle tension entre les états baltes et la Russie découle, du moins indéniablement en partie, sur cette ligne officielle russe, et sur l'arrogance du pouvoir russe, qui ne reconnaît que les crimes les plus voyants de l'ère soviétique sur le bout des lèvres (et cela date généralement des mandats d'Eltsine .. Poutine c'est encore une autre affaire) !

    Reste à savoir pourquoi en 1941 les Lettons ont tiré dans le dos des soldats de l'Armée rouge qui battaient en retraite, tandis que les unités ethniquement homogènes, dont faisaient partie les Lettons, les Lituaniens et les Estoniens, luttaient courageusement au sein de l'armée soviétique, puis, même après avoir été dissoutes, ont contribué à libérer leur patrie.

    Pourtant ça paraît presque logique ! :D Non seulement les baltes tirèrent dans le dos des soldats soviétiques (qui ont liquidé plusieurs milliers de personnes en quelques jours dans leur retraite), mais ce furent aussi parmi les plus ardents défenseurs de la région, puisque défendant leur patrie ; ce qui paraît bien plus historiquement viable que les "baltes de l'Armée rouge libérant leur patrie" ... ceux-si se compte, de mémoire, à quelques centaines ou milliers d'individus, "retournés" par la force des choses, ou les quelques rares communistes lettons à avoir plié bagage en 1941 (et au passage après avoir survécu aux purges de Staline). Cela dit ce serait intéressant de connaître les réels organigrammes des unités baltes sous bannière rouge en 1944 !


    Je suis persuadé que ce sont ces incompatibilités entre "Histoire" et "lignes historiques nationales" qui plombent, au fond, les relations russo-baltes, avec un net accroissement sous l'ère Poutine. D'ailleurs ne pas oublier que RIA Novosti est une agence d'état (par contre je dois avouer que pour un article RIA, il y a une certaine objectivité) ..
    Amicalement,

    - "He who controls the past controls the future. He who controls the present controls the past." Orwell, 1984

    L'Histoire du matériel militaire du XXème siècle, sur le site Sturmovik !
    Image
    http://sturmovik.histoquiz-contemporain.com/
    goliath

    Administrateur du site
    Administrateur du site

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 3753
    Inscription: 28 Jan 2008, 20:45
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar OLSEN » 28 Mar 2012, 22:12

    Bonjour Goliath,

    Oui Ria Novosti et l'équivalent du RMI d'il y a 25 ans (Radio Moscou International) organe du PC et voix en français, à l'époque de la Guerre Froide et que j'écoutais à bord des cargos, espérant avoir quelques infos du "pays"...mais les titres du genres: les sionistes israéliens et les capitalistes américains... me faisait plutôt c...r.
    Ria Novosti est à lire entre les lignes, certains sujets sont interessants pour prendre la tension à l'Est, mais c'est une réelle évolution par rapport à la Pravda...une forme de liberté d'expression que "le Tsar" va p-e leur enlever...

    goliath a écrit:Je suis persuadé que ce sont ces incompatibilités entre "Histoire" et "lignes historiques nationales" qui plombent, au fond, les relations russo-baltes, avec un net accroissement sous l'ère Poutine.


    Analyse très pertinente, à laquelle je me rallie, pour avoir eu la même impression d'incompatibilité dans leur vision historique et ce, dès le premier post...
    @+ !
    ____________

    A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
    OLSEN

    Membre Passionné
    Membre Passionné

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 4327
    Inscription: 30 Déc 2008, 12:26
    Localisation: ABSENT...
    Pays: Un peu partout, en mer...
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar Alexderome » 10 Avr 2012, 23:14

    Tiens je serais intéressé sur un ouvrage concernant la lutte contre l'occupant soviétique après 45, il y en a un en italien, j'ai oublié son titre mais pour l'instant je n'ai pas trop le temps. Si quelqu'un a une référence ?
    ALEX
    http://hongrie2gm.creer-forums-gratuit.fr/forum.htm
    Eravamo 30 d'una sorte, 31 con la morte.
    Gabriele d'Annunzio
    Alexderome

    Membre Passionné
    Membre Passionné

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 1173
    Inscription: 29 Jan 2009, 00:28
    Localisation: PONTAULT COMBAULT 77
  • Imprimer tous les messages de ce sujet

  • Re: Estonie: rassemblement d'anciens SS...

    Messagepar goliath » 11 Avr 2012, 00:54

    Malheureusement je ne connais pas - en anglais il existe en effet plusieurs ouvrages sur le sujet ! La résistance anti-soviétique a perduré pendant un certain temps dans les RSS baltes (d'ailleurs pas que dans les pays baltes, mais aussi dans les autres pays d'Europe de l'Est), et elle n'a pas seulement compté parmi ses membres d'ex-SS, comme la propagande soviétique a voulu le faire croire. En effet, il y avait d'ex-SS dans les rangs de la résistance, mais ces SS étaient baltes (dont sur leur propre territoire), et leur image globalement positive auprès de la population a aussi motivé d'autres jeunes à y contribuer. Je me rappelle avoir lu qu'il y avait également des soldats allemands parmi la résistance, dont les derniers défenseurs de la Courlande : voulant échapper aux Goulags, ils se sont réfugiés avec les résistants lettons, parfois avec armes. Ce fut également le cas avec les anciens des forces de défenses lituaniennes, les LVR, qui après avoir été dissoutes par les allemands (qui craignaient un regain de nationalisme !), se transformèrent pour beaucoup en groupes de partisans, parfois avant même l'occupation soviétique (par exemple des lettons se préparèrent à l'action partisane dès le début de l'année 1944, malgré les arrestations allemandes !).
    Cette résistance a tenu jusqu’au début des années 50 - la répression soviétique était sans pitié, et largement facilitée par la présence d'agents-doubles, tel que Kim Philby (MI6) au sein des services occidentaux, et au sein-même des groupes de résistance, infiltrés. Ces mouvements de résistance ne sont pas à sous-estimer, ils comptaient plusieurs dizaines de milliers d'individus dans les années 1946-47, et il a fallut tous les efforts du NKVD et de l'Armée Rouge pour en venir à bout, avec l'aide des communistes locaux à la poigne de fer, comme Vilis Lacis, dirigeant de la RSS de Lettonie.
    Amicalement,

    - "He who controls the past controls the future. He who controls the present controls the past." Orwell, 1984

    L'Histoire du matériel militaire du XXème siècle, sur le site Sturmovik !
    Image
    http://sturmovik.histoquiz-contemporain.com/
    goliath

    Administrateur du site
    Administrateur du site

    Avatar de l’utilisateur
     
    Messages: 3753
    Inscription: 28 Jan 2008, 20:45
  • Imprimer tous les messages de ce sujet


  •  


    • messages en relation
      Réponses
      Vus
      Dernier message
    • Topics récents
      Réponses
      Vus
      Dernier message

    Qui est en ligne

    Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité