Nous sommes le 10 Fév 2010, 04:50

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 17 messages ]  Aller à la page 1, 2  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 04 Aoû 2008, 09:39 
Hors ligne
Sous-Lieutenant
Sous-Lieutenant
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 30 Mar 2008, 17:57
Messages: 326
Localisation: Paris
J'ai décidé de traduire la page italienne de wikipédia pour partager avec vous ce carnage assez méconnu en France.


Le massacre de Céphalonie est une tuerie sur l’île grecque de Céphalonie perpétrés par les allemands à l’encontre des soldats italiens après le 8 septembre 1943, date à laquelle la signature de l’armistice italien fut rendu publique. La garnison de le l’île était confiée principalement à la division Acqui.

Après l’entrée en guerre de l’Italie en 1940 aux côtés de l’Allemagne, Mussolini opta pour l’expansion de la « glorieuse nation italienne » sans la péninsule balkanique. Son Objectif était de conquérir la Grèce pour s’assurer la domination économique et stratégique en Méditerranée et affronter ainsi l’ennemi britannique à armes égales. Pourtant, l’expédition en Grèce ne tourna pas à son avantage. L’armée grecque, plus habile et mieux préparée dans la guérilla d montagne, eu souvent l’avantage jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes qui vinrent au secours de l’armée italienne, contraignant ainsi les Grecs à la reddition.
Les îles de Corfou, Zante et de Céphalonie étaient d’une grande importance stratégique car elles interdisaient l’accès à Patrasso et au golfe de Corinthe. C’est pourquoi les divisions des deux armées stationnaient sur ces îles, la plus tristement célèbre est la division Acqui, commandée par le général Antonio Gandin.
Jusque dans les premiers mois de 1943, la cohabitation entre les Italiens et les Allemands fut plutôt satisfaisante sur l’île. Les choses changèrent le 8 septembre quand le gouvernement Badoglio signa l’armistice. Les premières réactions de la division Acqui furent mêlées de stupeur et de joie, les soldats étaient conscients que la guerre se terminait pour eux. Toutefois, cette joie se transforma en peur quand, entre la nuit du 8 au 9 un radiogramme du général Vecchiarelli (le commandant en chef des troupes sur le territoire grec) annonça que les rapports italo-allemands n’étaient plus ceux que l’on a avec un partenaire et que l’ancien ami devait être considéré maintenant comme l’ennemi.

Le 9 septembre, la situation devient dramatique, un second télégramme, toujours de Vecchiarelli, qui exige que l’armée rende ses armes aux Allemands et de quitter ses postes avancés. Le général Gandin était ainsi dans une situation ambiguë : comment pouvait-il déposer les armes à ceux qui étaient considérés comme ennemis, et allant à l’encontre des décisions du gouvernement ? Il décida de temporiser et retira en premier lieu les troupes qui occupaient les avant-postes.

Le 10 septembre, les Allemands présentèrent aux troupes italiennes un ultimatum, leur imposant de consigner leurs armes sur la place centrale d’Argostoli devant toute la population, se qui signifiait une humiliation complète. Il est inutile de dire que la division Acqui, en apprenant les conditions de reddition, refusa catégoriquement l’ultimatum.

Le 11, les Allemands appelèrent au rapport le général Gandin pour lui exposer les nouvelles conditions et pour clarifier l’attitude des Italiens. Gandin devait choisir entre rester à disposition des Allemands, combattre les Allemands, rendre les armes. Le soir même, il convoqua une assemblée composée de soldats de la division avant de donner sa réponse aux Allemands. Pendant ce temps, ceux-ci désarmaient et faisaient prisonnier le personnel des batteries côtières qui de Lixuri, dans la péninsule de Palaki, contrôlaient la baie d’Argostoli.

Le 14 septembre, le général Gandin invita tous les soldats de la division à exprimer leur opinion sur les trois possibilités dont ils disposaient. La réponse fut unanime et quasi plébiscitaire : « Guerre à l’Allemand ! ». Au même moment arrivait de Rome un radiogramme qui invitait à prendre les armes contre l’ennemi. La division avait alors l’appui total du gouvernement. A 12h le général consigna au commandement allemand la réponse définitive : ainsi commença l’enfer de Céphalonie.

Le 15, les Allemands numériquement inférieurs, firent parvenir sur l’île de nouveaux bataillons, appartenants à deux divisions : la 1ere GebirgsDivision Edelweiss et la 104e JaegerDivision aidées par la présence de l’aviation contre lesquelles les Italiens pouvaient seulement opposer le feu de quelques pièces de 20 mm et le tir antiaérien de l’unique groupe de 75/27 ainsi que quelques pièces d’artillerie de campagne. L’âpre et sanguinaire bataille se prolongea jusqu’au 22 septembre sous le feu ininterrompu des Stuka et des bombardements allemands qui décimèrent la division.
Malheureusement, la précédente décision prise par Gandin, abandonner les hauteurs du centre de l’île comme geste pacifique à l’égard des Allemands, se transforma en un crucial désavantage tactique, car de ces hauteurs les points de débarquement pouvaient être battus par le feu et entraver fortement les renforts allemands.

Le 22 septembre, le général Gandin décida de convoquer un nouveau conseil de guerre durant lequel on décida de se rendre aux Allemands. La nappe blanche, sur laquelle les officiers mangeaient tous les soirs, était hissée en signe de reddition sur le balcon de la maison qui était le siège du commandement tactique. Les soldats italiens qui avaient été capturés et prisonniers précédemment, furent fusillés sur l’ordre personnel de Hitler, qui considérait les Italiens comme des traîtres.

Les ratissages et les exécutions continuèrent toute la journée suivante causant la mort de 4500 soldats et 155 officiers ; le bilan devait encore augmenter. En fait, entre le 23 et le 28 septembre, les Allemands continuèrent leur opération de « nettoyage », tuant ainsi plus de 5000 soldats et 129 officiers dont le général Gandin. L’horrible crime accompli, il fallait faire disparaître toutes traces : à l’exception de quelques corps laissés sans sépulture, la plus grande partie des dépouilles furent brûlés et les restes jetés à la mer. Des 163 survivants, certains furent déportés en Allemagne ou en Russie, d’où la plupart ne revint jamais. Parmi les quelques évadés, il y eu l’héroïque aumônier militaire, le père Romualdo Formato, qui écrivit dans les années cinquante un livre intitulé « l’eccidio di Cefalonia » (le massacre de Céphalonie) ainsi que l’écrivain Luigi Silori.


Le ministère de la défense n’a jamais fait d’estimation des pertes. L’historien Rochat avance le chiffre de 6500 victimes, dont seulement 1300 tombés au combat, alors que Caruso ajoute les victimes des naufrages et arrive au chiffre de 9400 morts.

En souvenir à la division Acqui, un monument a été élevé à Vérone, et chaque année le 21 septembre, le massacre est commémoré en présence des autorités civiles et militaires. Le 1er mars 2001, le Président de la République Italienne Carlo Ciampi a visité Céphalonie, prononçant un discours soulignant « leur choix conscient fut le premier acte de résistance d’une Italie libérée du fascisme ». Le 25 avril 2007, le Président de la République Italienne Giorgio Napoletano dit « s’inspirer de son prédécesseur », a voulu fêter le 62e anniversaire de la libération aussi à Céphalonie. Plus qu’un hommage de forte valeur symbolique, c’est aussi la toute première fois que le souvenir du 25 avril (fête de la libération) est fêté par un Président de la République en charge en dehors du territoire national.

_________________
"La seule sauvegarde des démocraties à l'égard des tyrans c'est la défiance"
Démosthène, IIIe Philippique


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 04 Aoû 2008, 12:47 
Hors ligne
Administrateur du site
Administrateur du site
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 28 Jan 2008, 20:45
Messages: 1924
Localisation: Autriche (Vienne)-Ermont (95)
En effet, je connaissais rien de se massacre ... c'est horrible et incroyable : 9000 morts en l'espace de quelques jours, et ce massacre est inconnu dans des bouquins et dans le programme d'histoire.
Preuve de la barbarie nazie, meme à l'egard de ses allìés.

Merci Laurent pour ces infos ...

_________________
Amicalement,

Goliath


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 05 Aoû 2008, 10:21 
Hors ligne
Administrateur du site
Administrateur du site
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 01 Aoû 2004, 11:36
Messages: 1580
Localisation: cuvry(57)
Code:
Preuve de la barbarie nazie, meme à l'egard de ses allìés.


Justement ce n'était plus des alliés......

et apparemment la position est hautement stratégique....ça n'explique pas ce déchaînement de violence gratuite mais bon connaissant la tête et vu qu'a cette période certains sentaient le vent tourner......

_________________
Image

Ne te contente pas du "qu est-ce que c'est", mais essaie de savoir le "pourquoi" et le "comment". ( Lord Robert Stephenson Smith Baden Powell of Gilwell)


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 06 Aoû 2008, 06:32 
Hors ligne
Administrateur du site
Administrateur du site
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 13 Mar 2006, 07:29
Messages: 2042
Localisation: Bangkok, Thailande
Bonjour,
Merci Laurent !
Tu tombes tres tres bien avec cette sinistre affaire : Je suis en train de re-ecrire un article au sujet de la nazification de la Wehrmacht et le fait que les troupes qui ont assassines ces prisonniers italiens n'etaient pas SS mais Wehrmacht me donne un exemple de plus.

_________________
Cordialement
Daniel
---------------------
Meine Ehre heißt Schrift
ImageImage


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 06 Aoû 2008, 10:43 
Hors ligne
general
general

Inscription: 10 Mai 2008, 10:34
Messages: 1734
Localisation: rueil-malmaison
bonjour,

j'ai trouvé ceci sur google.

[iframe=1000,500,0]http://www.eurogreece.net/kefainfo/elements/francais/guerre2.html[/iframe]


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 06 Aoû 2008, 10:55 
Hors ligne
Sous-Lieutenant
Sous-Lieutenant
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 30 Mar 2008, 17:57
Messages: 326
Localisation: Paris
Bof bof la source.

_________________
"La seule sauvegarde des démocraties à l'égard des tyrans c'est la défiance"
Démosthène, IIIe Philippique


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 07 Aoû 2008, 13:19 
Hors ligne
Administrateur du site
Administrateur du site
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 03 Déc 2007, 08:52
Messages: 367
Localisation: Auzeville/Paris/Toulouse
bonjour à tous,

Il y a quand même quelque chose qu'il faut que l'on explique. En 1943, l'Italie était toujours l'alliée de l'Allemagne, alors comment se fait-il que ces deux forces se soient affrontées en Grèce ? Peut-on consiédérer à partir de la chute de Mussolini, que l'Allemagne et l'Italie ne combattent plus du même coté, et que l'Italie ne fasse donc plus partie de l'Axe, mais l'autre bord ?

Je vous remercie par avance.

Bien amicalement

Sekhmet

_________________
S'il ya a bien quelque chose que je sais, c'est que je ne sais rien Socrate


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 07 Aoû 2008, 14:07 
Hors ligne
Sous-Lieutenant
Sous-Lieutenant
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 30 Mar 2008, 17:57
Messages: 326
Localisation: Paris
Tu auras des éléments de réponse ici sur la rupture de l'alliance germano-italienne.

viewtopic.php?f=41&t=813

_________________
"La seule sauvegarde des démocraties à l'égard des tyrans c'est la défiance"
Démosthène, IIIe Philippique


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 07 Aoû 2008, 15:47 
Hors ligne
general
general

Inscription: 10 Mai 2008, 10:34
Messages: 1734
Localisation: rueil-malmaison
y a-t-il eu procès et condamnations après la guerre ?


Haut
 Profil  
 
 Sujet du message: Re: La tragédie de Céphalonie
MessagePosté: 08 Aoû 2008, 10:24 
Hors ligne
Sous-Lieutenant
Sous-Lieutenant
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 30 Mar 2008, 17:57
Messages: 326
Localisation: Paris
Oui mais je me renseigne pour avoir plus d'informations.

_________________
"La seule sauvegarde des démocraties à l'égard des tyrans c'est la défiance"
Démosthène, IIIe Philippique


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 17 messages ]  Aller à la page 1, 2  Suivante

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages
Vous ne pouvez pas joindre des fichiers

Rechercher:
Aller à:  
cron

HistoQuiz 2008

---------

Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group
Traduction par: phpBB-fr.com