La date du 5 décembre est à mes yeux la moins parlante, la moins représentative de la guerre d'Algérie...Historiquement, elle ne correspond à rien à part à un créneau libre sur l'agenda de Jacques Chirac pour inaugurer le mémorial des mort d'AFN à Paris, quand on fêtera son 50ème anniversaire, il y aura belle lurette que les derniers vétérans seront disparus...
Certains avancent en date de commémoration, le 16 octobre, date anniversaire de l'inhumation du soldat inconnu d'AFN au cimetière National de Notre Dame de Lorette, ce qui a déjà un peu plus de sens. Mais n'en déplaise à certain, la seule date historique officielle, même s'il elle fait polémique (et çà arrange bien nos politiques) reste le 19 mars, si on est capable bien sûr de mettre les bons mots sur cette date. Il ne s'agit en effet certainement pas de la fin de la guerre d'Algérie comme c'est mentionné à tort sur bien des plaques de rues des communes de France, mais de l'accord pris à Evian pour obtenir un cessez le feu. Bien entendu, comme pour les conflits précédent, ce n'est pas parce qu'on ratifie un cessez le feu qu'il rentre en vigueur instantanément, et dans le cas de l'Algérie, le cas fut bien pervers, car cette date marque la démission totale de la France sur le sol Algérien. Ce fut le début de règlements de comptes (300 à 400 militaires décéderont encore sur le sol algérien entre le 19 mars et 1964), d’enlèvements (25000), de massacres avec à la clés la disparition de 5 à 6000 européens et l'abandon à la vindicte du F.L.N des harkis et de leurs familles. Ceux-ci seront torturés, massacrés dans les conditions terribles, le chiffre des victimes reste encore difficilement dénombrable (entre 100 000 à 150 000). Pour avoir fraichement étudié le sujet pendant un an, jour après jour, afin de pouvoir présenter une exposition "carrée" sur la guerre qui ne disait pas son nom, je peux dire que la France n'a pas à s'enorgueillir de ce qui s'est passé après le 19 mars 1962 et jusqu'en 1964 et n'a pas à être fière d'avoir eu des généraux comme KATZ qui a mon humble avis aurait dû être dégradé et chassé de l'armée pour ne pas être intervenu et faire cesser les massacres dans l'Oranais par exemple. Enfin, ceci est un très vaste sujet et les plaies de la fracture franco-algérienne sont encore ouvertes, j'ai pu constater encore cela en discutant avec les nombreux anciens que j'ai eu l'honneur de rencontrer Samedi et Dimanche... On pourrait en débattre pendant un très long moment. Pour mon opinion personnelle, la France est morte dans les fossé de Vincennes, quand on fusillait ceux qui avaient choisi l'Honneur pour remettre des médailles à ceux qui savaient fermer les yeux et laisser faire ...
Dernier point, je suis d'accord avec Goliath, sur le fait que ce sont principalement ceux qu'en Algérie, on appelle les "Marsiens", résistants de la 25ème heure, qui ont rivalisé dans la cruauté et les exactions pour montrer qu'ils étaient du bon côté... Cà aussi on a connu en France en 1944... Actuellement an Algérie, 35000 "marsiens" sont encore en attente pour se voir accorder leurs droits et surtout leurs pensions pour leur participation dans le conflit...Quand on sait qu'au plus haut niveau de son effectif, l'ALN n'a jamais atteint le chiffres de 40000 hommes sur le sol algérien, çà laisse rêveur. Et que penser des anciens du FLN, ici en France, qui annoncent à la radio ou sur les chaînes de télé, devant des milliers de crédules, que la guerre d'Algérie leur a coûté entre 1,5 à 5 millions de victimes, faisant ainsi le total des populations que le F.L.N a lui même massacrées et les pertes subies contre l'armée française en 8 ans de guerre....Mettre tout sur le dos des français, c'est tellement plus facile, plus pratique... Mais quand on sait qu'à l'époque la population de ce département français n’excédait pas 8 millions, on n'admet pas facilement d'entendre des journalistes donner du crédit à tant de conneries...
Pour ceux que cette période intéresse, je conseille un excellent bouquin de Raphaël DELPART : les oubliés de la guerre d'Algérie.
Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.
Albert Einstein