Journal HistoQuiz /portailhistoquiz/ Sun, 04 Nov 2007 18:52:22 +0100 http://backend.userland.com/rss/ XOOPS News [email protected] [email protected] fr Journal HistoQuiz /portailhistoquiz/images/logo.gif /portailhistoquiz/ 144 80 Interview exclusive d&#039;Annie Lacroix-Riz /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=117 <b>Annie Lacroix-Riz</b><br /><img src="/photosdiverses/alr.jpg" alt="" /><br /><br /><b>Propos recueillis par Daniel Laurent</b><br /><img src="/photosdiverses/trombinedl.jpg" alt="" /><br /><br /><br />Annie Lacroix-Riz, ancienne élève de l'école normale supérieure (Sèvres), agrégée d'histoire, docteur-ès-Lettres, professeur d'Histoire contemporaine à l'université Paris VII-Denis Diderot, est une historienne dont les travaux sont fréquemment critiqués. Pourquoi ? Essentiellement parce qu’elle est communiste. Est-il possible d’être à la fois une véritable historienne et une militante communiste ? Votre serviteur le lui a demandé et elle a eu l’amabilité de lui répondre.<br /><br /><br />Daniel Laurent :<br />Vos travaux historiques ne cachent pas vos positions politiques. Estimez-vous qu’il soit possible, à la fois, de faire un travail de recherche historique objectif et d’y défendre des positions politiques fermement engagées ? L’historien ne doit-il pas se dégager des influences idéologiques contemporaines pour faire œuvre indépendante et neutre afin d’éviter des jugements qui pourraient polluer ses travaux ?<br /><br />Annie Lacroix-Riz :<br />Aucun travail historique ne dissimule les positions politiques de son auteur. Nous en avons des exemples quotidiens, qui génèrent l’émerveillement de la grande presse (ces derniers temps, notamment, sur le parti communiste français en «juin 1940 » et au-delà). J’aurai l’indulgence de ne pas citer ici de noms, mais j’en cite d’abondance dans mes travaux, puisque je ne critique jamais personne sans citer les incriminés et leurs écrits.<br />Deux règles valent pour juger mes travaux historiques :<br />1° les lire, exigence minimale qui est cependant rarement respectée par ceux qui dégoisent à mon sujet ;<br />2° relever, par écrit, d’éventuels manquements aux règles méthodologiques et déontologiques du métier d’historien.<br />Quant à l’indépendance, j’en ai clairement défini les règles dans mon petit ouvrage L’histoire contemporaine sous influence : elle commence pour un historien par l’indépendance financière absolue à l'égard de l’objet qu’il traite. C’est une règle que je respecte depuis les débuts de mes recherches (1970). Si on y ajoute la condition n° 2 dont je viens de parler, j’attends de pied ferme ceux qui contestent mon indépendance. La critique de manque de neutralité est aussi infondée que celle relative à la transparence des « positions politiques ». Tout ceci est si vrai que des gens fort éloignés de mes « positions politiques », mais qui se donnent la peine de me lire, apprécient mes travaux, parce qu’ils peuvent s’en servir pour ce qu’ils sont aptes à fournir : une tentative d’éclairer ce qui s’est réellement passé, modeste et fondamental objectif de l’historien, comme me l’ont appris mes bons maîtres.<br /><br />DL :<br />Certains de vos détracteurs vous taxent de négationnisme, allant même jusqu’à dire que de nier le génocide stalinien en Ukraine revient a nier aussi le génocide nazi des Juifs, ce qui est passible de poursuites judiciaires. Comment vous situez-vous dans ce débat ?<br /><br />ALR :<br />Cette affaire est absolument ridicule : que les lecteurs lisent l’ensemble de la critique des ouvrages parus et des textes d’archives originaux, diplomatiques et militaires que j’ai consacrés à la question de la campagne sur le thème de « la famine de 1933 en Ukraine » (écrits non publiés, mais diffusés sur Internet). Et qu’on cesse de prendre les criailleries des associations «ukrainiennes » ou présumées telles pour des propos scientifiques. Ce que celles-ci me reprochent, et elles l’avouent dans leurs sites, c’est avant tout de montrer, dans divers travaux, publiés, eux, tel Le Vatican, l'Europe et le Reich, que les mouvements «autonomistes » ukrainiens dépendaient financièrement de Berlin bien avant la Deuxième Guerre mondiale, qu’ils ont contribué à l’extermination des juifs et des Russes d’URSS (Raul Hilberg l’a exposé avant moi et plus longuement) et que Szepticky, évêque de Lemberg (autrichienne) puis Lwow (polonaise), a été le soutien de la stratégie autrichienne puis allemande en et contre la Russie, tsariste puis bolchevique, depuis les premières années du 20e siècle, sous l'égide du Vatican. Qu’il ait béni la division nazie « Galicia », et que les « autonomistes » ukrainiens aient participé en masse aux massacres de juifs et de Russes aux côtés de l’occupant allemand sont des affirmations qui rendent les associations « ukrainiennes » hystériques. Elles reposent sur des faits établis.<br /><br />DL :<br />Dans votre ouvrage «Le choix de la défaite », vous nous montrez une bourgeoisie française très unie et très coordonnée, le Grand Capital agissant de manière concertée et planifiée pour livrer la France aux Nazis. Cependant, des membres éminents de cette bourgeoisie rejoindront Charles de Gaulle a Londres. Les fractures qui déchirèrent la France après 1940 semblent donc passer au travers de toutes les classes sociales, certains grands bourgeois rejoignant la France Libre ou la Résistance, comme certains prolétaires rejoignirent les FTPF ou... la LVF et la Milice. Votre analyse de la Bourgeoisie Française semble donc être, pour certains, un raccourci vertigineux. Comment le justifiez-vous ?<br /><br />ALR :<br />Qu’on lise à la fois Le choix de la défaite et Industriels et banquiers français sous l’Occupation (qui se suivent chronologiquement). On jugera si le constat est excessif ou documenté. J’ai étudié la grande bourgeoisie française sur la base d’une documentation originale extrêmement diverse, naturellement pas sur la base de ses protestations de résistance et «mémoires en défense » d’après août 1944. J’estime erronée la thèse de la résistance et de la collaboration essentiellement «interclassistes », aussi en vogue que celle, aussi erronée, de la «zone grise » qui met à peu près tout le monde dans un lot commun, loin du petit lot des «héros » ou des «salauds ». Seuls les lecteurs pourront juger des méthodes et des résultats respectifs des tenants des thèses à la mode et de moi-même.<br /><br />DL :<br />Votre analyse du nazisme semble donner une part prépondérante au Grand Capital allemand dans son arrivée au pouvoir. Mais il est clair que la Bourgeoisie allemande n’a pas finance le NSDAP plus que les autres Partis politiques allemands avant 1933. De plus, l’éviction de Schacht et l’irruption de Goering dans le Plan de 4 ans montrent que les Nazis imposèrent leurs vues aux capitaines d’industrie allemands qui n’avaient pas grande influence dans cette affaire, mais subissaient tout en profitant largement, je vous l’accorde, des mannes nazies comme la main d’œuvre forcée gratuite. Cette contradiction ne vous choque pas ?<br /><br />ALR :<br />Il n'est pas clair du tout que la Bourgeoisie allemande n’a pas financé le NSDAP : tout simplement parce que la thèse d’Henry Turner, dans German Big Business and the Rise of Hitler, New York, Oxford University Press, 1985, est construite sur la base des affirmations a posteriori des représentants du grand capital allemand – sur la version qu’ils ont donnée de leur comportement d’avant février 1933 dans leurs interrogatoires devant les Américains, en 1945 et au-delà. Ces affirmations sont du plus haut comique et doivent être confrontées avec les sources originales. Lesquelles ne laissent aucun doute sur les financements patronaux et leur datation (un financement dès le début des années vingt, progressivement augmenté et, à partir de la crise, un basculement décisif vers Hitler, qui l’a conduit à abandonner ses autres partis chéris en 1932-33). On en trouve écho, direct et archivistique, dans Le choix de la défaite.<br />Je signale pour mémoire que l’ouvrage, non traduit en français, qui a valu une notoriété universelle (et française singulièrement) à Turner est pratiquement introuvable en France, sauf dans un nombre de bibliothèques moins nombreuses que les doigts d’une main. Je soupçonne nombre de ses admirateurs de n’avoir pas pu la lire…<br /><br />DL :<br />Vous semblez, sauf à vous avoir mal lu, défendre la mémoire de Staline. Comment, dans ce cas, pouvez-vous justifier le fait qu’il fut vivement mortifère, les diverses purges, Katyn et le Goulag n’en étant que des exemples ? S’il est clair que Staline mena l’URSS de la charrue de bois au tracteur, sans parler du fait que c’est bien l’Armée Rouge qui a écrasé la Wehrmacht, comment justifier les flots de sang qui caractérisèrent son régime ?<br /><br />ALR :<br />Je demande du lecteur le même effort à propos de Staline qu’à propos du reste. On fait l’histoire avec des sources, et celle que je fais, celle des relations internationales, donne de l’URSS et de son chef des années trente à cinquante une impression différente de celle qui règne. C’est un fait, et je ne vais pas ici vous traiter l’ensemble de ces questions. Le lecteur trouvera des éléments de réponse dans à peu près tous mes travaux, dans le remarquable ouvrage qu’un spécialiste de l’URSS a publié l’an dernier, Roberts Geoffrey, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London, Yale University Press, 2006 et dans la critique que j’en ai faite, sachant qu’à cette date, il n'est toujours pas traduit : « Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953 : un événement éditorial », texte diffusé sur le site <a href="http://www.historiographie.info" target="_blank">www.historiographie.info</a> ).<br />Quoiqu'il en soit, un historien n’a pas à se justifier de ses choix politiques s’il fait correctement son travail. Qu’on juge mon travail. S’il incite les lecteurs à se dire qu’on leur a joué longtemps la comédie du loup-garou soviétique, nous abordons une question civique et politique sans relation directe avec la qualité (mot entendu au sens neutre) intrinsèque de mes travaux.<br /><br />DL :<br />Merci, chère Madame, d’avoir pris le temps de répondre au modeste amateur que je suis. Le simple fait que vous l’ayez fait à titre tout à fait bénévole ne peux qu’inciter le lecteur à … vous lire, afin de se faire une idée par lui-même.<br /><br />Bibliographie :<br />1°. THÈSE DE DOCTORAT D'ÉTAT<br />«CGT et revendications ouvrières face à l'État, de la Libération aux débuts du Plan Marshall (septembre 1944-décembre 1947). <br />2°. LIVRES<br />1. La CGT de la Libération à la scission (1944-1947), Paris, Éditions Sociales, 1983, 400 p.<br />2. Le choix de Marianne: les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Paris, Editions Sociales, 1986, 222 p.<br />2 bis. «Les relations franco-américaines de la Libération aux débuts du Plan Marshall (1944-1948): la voie de la dépendance?», .<br />3. Les Protectorats d’Afrique du Nord entre la France et Washington du débarquement à l'indépendance 1942-1956, L'Harmattan, 1988, 262 p.<br />4. L'économie suédoise entre l'Est et l'Ouest 1944-1949: neutralité et embargo, de la guerre au Pacte Atlantique, L'Harmattan, 1991, 311 p.<br />5. Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, coll. « Références » Histoire, 1996, 540 p.<br />6. Industrialisation et sociétés (1880-1970). L’Allemagne, Paris, Ellipses, 1997, 128 p.<br />7. Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, coll. « Références » Histoire, 1999, 661 p.<br />8. L’histoire contemporaine sous influence, Paris, Le temps des cerises, 2004, 145 p., 2e édition (1e, 120 p.)<br />9. Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2006, 671 p.<br />Plus de nombreux articles et communications disponibles sur le site<br />10. L’intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des États-Unis, Pantin, Le temps des cerises, 2007, 108 p.<br /><br /><a href="http://www.historiographie.info/menu.html" target="_blank">http://www.historiographie.info/menu.html</a><br /><br />---------------------------------------------<br />N'hésitez pas à poster vos commentaires sur ce journal (HistoQuiz) Mon, 24 Sep 2007 15:30:00 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=117 La chasse chez les nobles /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=116 Par un beau jour d'automne 1720, le duc de Marnoux, passionné par la chasse mais frustré par le maigre gibier qu'il ramenait de ses pérégrinations forestières, imagina qu'il devait être possible de fabriquer un outil apte à lui faciliter la tâche et rendre plus plaisante sa traque des animaux. <br /><br />Il convoqua tous les artisans de la contrée pour mettre au concours la concrétisation de cette idée et leur laissa deux mois pour fabriquer le plus inventif et le plus efficace des appareils. A peine une semaine plus tard, un marchand nommé Martin Haiquouye se présenta au château clamant à qui voulait l'entendre qu'il possédait ce dont le duc rêvait. <br /><br />Il obtint sans peine une audience auprès du noble et s'empressa de lui faire la démonstration de sa merveille. Devant une assemblée dubitative mais curieuse, il sortit de sa poche un minuscule appeau et le porta à la bouche pour produire un son strident qui aussitôt imposa le silence parmi les personnes présentes. A peine quelques secondes plus tard, des dizaines d'oiseaux de toutes sortes s'étaient approchés et virevoltaient autour de lui, comme attirés et charmés par cette étrange mélodie. <br /><br />Le Duc imagina sans peine le profit qu'il pouvait tirer d'un tel accessoire lors des ses futures chasses. Il s'éclaircit la gorge et ne prononça qu'une seule phrase : <br /><br />- Combien cela va-t-il me coûter ? <br /><br />Martin, sûr de lui, répondit qu'il accepterait de se séparer de son objet en échange de la moitié de la fortune de son interlocuteur. Cette requête fit sourire l'assemblée mais le duc garda tout son sérieux et accepta la transaction. La nouvelle fit grand bruit et se répandit vite bien au delà des limites du duché: Un marchand avait vendu un sifflet pour une somme astronomique au Duc qui en paya le coût sans broncher. <br /><br />On ne sait plus aujourd'hui ce que le marchand est devenu par la suite et l'objet n'a hélas pas survécu aux années mais cette anecdote a subsisté dans la langue française pour qualifier les objets hors de prix : <br /><br />"Ça coûte l'appeau d'Haiquouye" Thu, 30 Aug 2007 19:03:13 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=116 Histoire de l’étanchéité /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=115 <b>Histoire de l’étanchéité</b><br /><br />Lorsque l’homme sorti de sa caverne et bâti sa première cabane, il eut immédiatement a trouver une solution pour la rendre étanche. Le premier toit jamais réalisé fut le plus probablement une toiture a grande pente couverte de feuillages, et la plupart des systèmes de toiture antiques étaient a pentes élevées : Plus de pente, plus facile à imperméabiliser. <br /><br />Mais dans les régions où les matériaux de construction organiques (Bois, feuillages) étaient difficiles a trouver, principalement au Moyen Orient, le concept économique de toiture plate apparu très tôt et peut se retrouver dans l'architecture égyptienne, hittite, sumérienne, assyrienne, persane, grecque et romaine. <br /><br />Elle a été naturellement suivie du besoin d'imperméabilisation : L’Arche de Noé, la tour de Babel, les jardins suspendus de Babylone, les enduits des bateaux sumériens : Les textes antiques, principalement la bible sont pleins de la mention du bitume étant employé, il y a plus de 2000 ans, en tant qu'agent d'imperméabilisation. <br /><br />« … et ils utilisèrent des briques au lieu de pierre et le bitume leur tint lieu de mortier » Genèse, XI-3. <br /><br />De même, toujours selon la Bible, Moise fut sauve des eaux car sa mère avait prit la précaution d’enduire son panier de bitume avant de le déposer sur le Nil.<br /><br />Le panier de Moïse<br /><img src="/photosdiverses/lepanierdeMoise.jpg" alt="" /><br /><br />Ce bitume provenait de résurgences naturelles de pétrole qui, au contact de l’air et des ultraviolets se «raffinait » par évaporation des composants légers. <br /><br />A Knossos (Crète), le palais du Roi Minos avait une toiture plate avec une étanchéité élaborée : <br />1. Une couche de 20 millimètres d'argile «bleue-noire » (lepida) <br />2. Une couche de 20 millimètres d'argile rouge <br />3. Une couche de 10 millimètres du mortier type "terazza" (Mélange de terre volcanique de l'île Santorin, de gravier et de chaux) <br />4. Une protection, couche de gravier et de petites pierres <br /><br />Vitruve, un architecte romain célèbre, a écrit un livre de règles architecturales qui a été employé partout en Méditerranée. Pour imperméabiliser, il recommandait des couches fines d'un mortier avec un mélange précis de sable et de chaux. Pour les structures de retenue d’eau (Réservoirs, bains), il préconisait 7 couches, les premières employant un sable de plus grande granulométrie. La couche suivante était étendue sur la précédente tandis qu'encore humide (adhérence), mais assez «tirée » pour avoir développé les fissures habituelles. Ainsi, les fissures inévitables se croisaient à chaque couche sans se superposer, évitant les fuites directes. <br /><br />En Grèce, ces mortiers spéciaux ont été améliorés par l'addition du latex naturel de figuiers (appelés sika en Grec ! Sika est aujourd’hui un très célèbre fabricants de matériaux) <br /><br />Au Moyen-Orient et en Asie, les couches de mortiers imperméables étaient étendues sur une structure faite d’une charpente bois, d’un plancher en bois et d'une couche de bambou complété d’un enduit plâtre. Mais entre cette structure et étanchéité, une couche de poudre de charbon de bois compactée était installée. Cette couche empêchant étanchéité d’être «collée» sur son support, assurait son indépendance, lui permettant de librement se dilater ou se contracter (Prévenant ainsi la fissuration), mais également assurant une couche de diffusion de vapeur (Ventilation et séchage approprié du toit après pluie). <br /><br />En Egypte, la même sorte de système était employé, mais avec des couches d'argile, avec des mélanges différents de sable. L'épaisseur est d’environ 400 millimètres, et la couche finale, d'argile mélangée avec des briques écrasées, est installée en forme de pente. <br /><br />Bitume dans le désert<br /><img src="/photosdiverses/bitumedesert.jpg" alt="" /><br /><br />Pour empêcher les fissures, l’entretien il est facile : L'eau de lavage quotidienne est versée sur le toit, maintenant l'argile humide et rafraîchissant la maison. Si une fente plus importante se développe, elle est remplie de sable fin, et est piétinée pieds nus. <br /><br />En retournant en Europe, les croisés ont importé ces techniques de toitures plates qui ont commencé à être employées principalement dans les bâtiments militaires et les châteaux. <br /><br />Dans le château de Versailles, deux systèmes principaux de toiture ont été employés : Des feuilles de plomb, habituellement 2 à 4 millimètres d'épaisseur, installée avec des «joints battus » et recouvertes de carrelage ou d'argile d'un lac voisin. Ces toitures ont parfaitement fonctionné des années 1700 jusqu'au 20ème siècle. <br /><br />Des travaux de réparations n’ont commence que dans les années 30, les derniers se terminant durant les années 1980 et votre serviteur a eu le privilège de participer à l’une d’elle. Les carrelages et les feuilles de plomb ont été enlevés avec grand soin et numérotés, une nouvelle étanchéité installée puis le plomb et le carrelage d’origine remis en place à l’identique. Comme on dit dans le bâtiment, on en a ch… comme des russes… <br /><br />La découverte de mines d'asphalte naturel en Suisse (Travers, 1712) et en France (Seyssel, 1735), est le vrai tournant de la technologie d’étanchéité en Europe, bientôt suivi de l'invention du goudron de houille, ou brai de houille (Allemagne, 1772) puis par l'utilisation du bitume de pétrole. <br /><br />Mines d'asphalte (Travers)<br /><img src="/photosdiverses/MinesAsphalteTravers.jpg" alt="" /><br /><br />Un événement important a eu lieu en France en 1807 : Pour la première fois, la totalité des lois françaises ont été réunies dans un document unique, le Code Civil, sur l’initiative de Napoléon Bonaparte. Dans le code traitant des contrats gouvernementaux est inclus un article stipulant que tous les entrepreneurs érigeant un bâtiment pour une agence gouvernementale ou une administration devraient être entièrement responsables pendant 10 années du «clos et du couvert ». Cette expression parle de la capacité globale de la structure de ne pas s'effondrer, et la capacité de toit de ne pas fuir pendant 10 années. <br /><br />C’est le point de départ de la «Garantie décennale», une première dans le monde qui força les couvreurs et les etancheurs français a faire des progrès techniques qui me permettent de dire aujourd’hui sans forfanterie que l'étanchéité française est la plus performante du monde. <br /><br />Un toit typique en France en 1838 : <br />Une couche de séparation (Quelques millimètre de sable fin ou de sciure en bois) <br />4 couches de papier type kraft, imbibées d'asphalte ou de goudron, collées avec un mortier de goudron appliqué a chaud (soufre, goudron de charbon, résines naturelles, pétroles et poudre de roche volcanique) <br />Une couche de séparation (30 millimètres de sable fin ou de poudre de charbon) <br />Une protection de gravier rond de rivière <br />Le carrelage final, pose au mortier. <br />Quelques toits dans les vieux bâtiments de Paris sont encore étanches avec ce système... <br /><br />En 1893, J. Hermant note la transformation des toits du Madison Square Garden à New York en jardins suspendus. <br /><br />En 1900, invention du bitume souffle (oxydé) et en 1908, premières utilisations de la toile de jute au lieu de papier ou de chiffon pour fabriquer des membranes de bitume, innovation due a un Alsacien, Monsieur Geysen, créateur de la société Soprema. <br /><br />CharlesGeysen<br /><img src="/photosdiverses/CharlesGeysen.jpg" alt="" /><br /><br />Après la deuxième guerre mondiale, l'Europe est le théâtre d'une énorme reconstruction avec beaucoup de programmes d’urgence de logement à prix réduit, tous couverts de toitures plates. Mais, pendant les années 50, les développements en technologie de structure (béton préfabriqué, béton précontraint, béton léger, beaucoup d'isolation thermique...), ont produit de sérieux ennuis avec les systèmes bitume oxydés, incapables de faire face aux mouvements. <br /><br />L'industrie entière a recherche des solutions de rechange et les a trouvées : <br />1967 : Invention du bitume modifie par des polymères APP en Italie <br />1968 : Invention du bitume modifie par des polymères SBS en France <br />Pendant ces années, invention des membranes synthétiques (PVC en Allemagne et caoutchoucs synthétiques tels qu'EPDM, Hypalon et Néoprène aux Etats-Unis) et de produits liquide (acrylique, époxy, polyuréthanne,...) <br /><br />Mais c'est l'étanchéité moderne, une autre histoire. <br /><br />Daniel Laurent en pleine action (photo de Frederic Colombier)<br /><img src="/photosdiverses/daniel.gif" alt="" /><br /><br />Sources : <br />"Ecole d'etancheite", ouvrage collectif edite par la chambre syndicale nationale de l'etancheite, 1988 <br />"Theorie de l'etancheite", Ghislain Croyere, edite par la societe Meple, 1991. <br />"L'etancheite dans la construction", Professeur G. Varlan, Eyrolle, 1964 <br />Plus mes discussions avec un Architecte des Batiments de France pendant mon chantier a Versailles. <br /><br /> Thu, 30 Aug 2007 13:30:00 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=115 Histoire du Darfour /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=114 Histoire du Darfour<br />Traduit de l'anglais par Stéphane Mantoux<br /><br />L'histoire écrite du Darfour commence au XIVème siècle avec l'établissement du sultanat Tunjur. Le Darfour indépendant connaît son apogée sous la dynastie Keira au XVIIème siècle. En 1875, le condominium anglo-égyptien sur Khartoum met fin à la dynastie. Les Britanniques accordent au Darfour une certaine autonomie avant l'annexion formelle en 1916. Pourtant, la région reste sous-développée pendant la période de la colonisation et jusqu'à l'indépendance de 1956. La majorité des ressources nationales est dirigée vers les Arabes concentrés autour du Nil et de Khartoum.<br />Ce schéma d'inégalité structurelle et de sous-développement suscite la haine croissante des habitants du Darfour. Les influences de la géopolitique régionale et de la guerre par procuration, couplées avec des difficultés économiques et une dégradation de l'environnement, peu après l'indépendance, provoquent une résistance armée sporadique dès le milieu des années 80. Cette violence en continu culmine avec l'apparition de véritables mouvements armés en 2003.<br /><br />Les royaumes du Darfour<br /><br />Les développements dans la région du Darfour sont fonction du terrain et du climat, car celui-ci est composé essentiellement de plaines semi-arides qui ne peuvent pas accueillir une population trop dense. La seule exception est la zone dans et autour des montagnes Jebal Marra.<br />C'est à partir de ces sanctuaires montagnards que des groupes se sont étendus pour contrôler la région. Les Daju, habitants du Jebal Marra, semblent avoir été la population dominante au Darfour d'après les premières sources dont l'on dispose. On ne sait pas combien de temps a duré leur domination, puisque nous ne disposons que d'une liste de rois. Si l'on suit la tradition, la dynastie Daju est chassée, et l'islam introduit, au XIVème siècle, par les Tunjur, qui atteignent le Darfour par Bornu et Wadaï. On pense que le premier roi tunjur est Ahmed el-Makur, qui a marié sa fille au dernier dynaste Daju. Ahmed réduit la plupart des chefs à l'obéissance, et sous son règne le royaume prospère. Son petit-fils, le sultan Dali, une figure célébrée dans les histoires du Darfour, est un Fur du côté de sa mère, et porte ainsi la dynastie plus proche du peuple qu'elle dirige. Dali divise le pays en province, établit un code pénal, qui, sous le titre de Kital Dali, Livre de Dali, est toujours intact, et diffère sur quelques points de la loi coranique.<br />Son petit-fils Suleiman (ou Sulayman, habituellement distingué par l'épithète des Fur "Solon", signifiant soit l'Arabe ou le Rouge) règne de 1596 à 1637 : c'est un grand guerrier et un musulman dévôt ; il est considéré comme le fondateur de la dynastie Keira.<br /><br />Le petit-fils de Suleiman, Ahmed Bukr (vers 1682-vers 1722) fait de l'islam la religion d'Etat, et augmente la richesse du pays en favorisant l'immigration à partir de Bornu et Bagirmi. Sa domination s'étend à l'est du Nil jusqu'aux rives de la ville d'Atbara. Sa mort inaugure une période troublée par la question de sa succession. A sa mort, Bukr avait décidé que chacun de ses nombreux fils devaient régner à tour de rôle. Une fois sur le trône, chaque fils espère faire de son propre enfant son successeur, ce qui mène à une guerre civile jusqu'en 1785-1786. A cause de ces divisions internes, le Darfour décline et entame des guerres avec Sennar et Wadai. Une des sultans les plus capables de cette période est Mohammed Terab, un des fils de Bukr. Il mène une série de campagnes victorieuses. En 1785-86, il conduit une armée contre les Funj, mais ne dépasse pas Ondourman.<br />Il est stoppé par le Nil et n'arrive pas à franchir le fleuve. Incapable d'abandonner son projet, Terab campe sur place pendant des mois, provoquant la grogne de l'armée. Des histoires racontent qu'il est empoisonné par sa femme appuyée par des chefs exaspérés, et l'armée retourne au Darfour. Bien qu'il ait prévu que son fils lui succède, c'est en fait son frère, Abd al-Rahman, qui monte sur le trône. Abed-er-Rahman, surnommé el-Rashid ou le Juste, voit Napoléon Bonaparte faire campagne en Egypte ; en 1799, il lui écrit une lettre pour le féliciter d'avoir battu les mamelouks égyptiens.<br />Napoléon lui répond en lui demandant 2 000 esclaves noirs de 16 ans, forts et vigoureux, à envoyer par la prochaine caravane. Abd-er-Rahman établit une nouvelle capitale à Al Fashir, ville royale, en 1791-92. Elle était auparavant à Kobb.<br /><br />Mohammed-el-Fadhl, son fils, est pour quelque temps sous la coupe d'un eunuque énergique, Mohammed Kurra, mais finalement reprend le pouvoir et gouverne jusqu'en 1838, date à laquelle il meurt de la lèpre. Il s'est efforcé de réduire la résistance des tribus arabes semi-indépendantes qui vivent dans le pays, en particulier les Rizeigat, qu'il tue par milliers. En 1821, il perd la province du Kordofan, conquise par les Egyptiens en route pour s'emparer du Soudan sur l'ordre de Mehmet Ali. Les Keira envoient une armée qui est mise en déroute par les Egyptiens à Bara le 19 août 1821.<br />Les Egyptiens pensent alors s'emparer de tout le Darfour, mais les difficultés qu'ils rencontrent pour sécuriser le Nil bloquent ce projet.<br />Des 40 fils du dernier sultan, le troisième, Mohammed Hassan, lui succède. Il est décrit comme très pieux mais aussi très avare. En 1856 il est aveugle et c'est sa soeur Zamzam qui contrôle le pouvoir du sultanat, de facto.<br /><br />En 1856, à Khartoum, l'homme d'affaires al-Zubayr Rahma commence à mener des opérations dans les terres au sud du Darfour. Il installe un réseau de postes commerciaux défendus par des hommes bien armés et dispose bientôt d'un véritable état informel sous sa coupe. Cette zone est connue sous le nom de Bahr-el-Gazal, elle a longtemps été la plaque tournante d'où le Darfour exportait vers l'Afrique du Nord et l'Egypte, particulièrement de l'ivoire et des esclaves. Les natifs de l'endroit paient tribut au Darfour, et c'était les principaux articles vendus aux marchands égyptiens le long de la route d'Asyut. Al-Zubayr redirige ce flux vers Khartoum et le Nil. Hassan meurt en 1873 et le trône échoit à son plus jeune fils Ibrahim, qui bientôt se retrouve lui-même plongé dans un conflit avec al-Zubayr. Ce dernier, d'abord en conflit avec les Egyptiens par le passé, est maintenant leur allié et son soutien autorise ces derniers à conquérir le Darfour. La guerre provoque l'effondrement du royaume. Ibrahim meurt sur le champ de bataille à l'automne 1874, et son oncle Hassab Alla, qui cherche à maintenir l'indépendance du pays, est capturé en 1875 par les troupes du khedive, puis transféré au Caire avec sa famille.<br /><br />La domination égyptienne<br /><br />Les habitants du Darfour sont rétifs à la domination égyptienne (elle-même colonisée par les Britanniques). Des révoltes sont matées, mais en 1879, le général Gordon (ensuite gouverneur général du Soudan) suggère la résintauration de l'ancienne famille royale. Ce n'est pas fait, et en 1881 Slatin Bey (Sir Rudolf von Slatin) devient gouverneur. Slatin défend la province contre les attaques du Mahdi Muhammad Ahmad, menées par un sheik rizeigat du nom de Madibbo, mais il est obligé de se rendre en décembre 1883 et le Darfour passe sous la coupe des mahdistes. Les populations locales trouvent cette nouvelle férule encore plus ennuyeuse que la précédente, et un état de guerre permanent accompagne le retrait progressif des mahdistes du Darfour. Le successeur d'Ahmad, Abdahllahi ibn Muhammad, est pourtant originaire du Darfour, de la tribu Ta'isha, une petite tribu d'éleveurs de bétail. Abdallahi force les guerriers des tribus occidentales à rejoindre la capitale Ondourman et à combattre pour lui, réprimant les rébellions des tribus nomades Rizeigat et Kababish. Après sa défaite à Ondourman en 1898, le nouveau gouvernement anglo-égyptien du Soudan reconnaît en 1899 Ali Dinar, un petit-fils de Mohammed-el-Fadhl, comme sultan du Darfour, ce dernier devant verser un tribut annuel de 500 livres britanniques. Sous le règne d'Ali Dinar, prisonnier à Ondourman sous le mahdi, le Darfour profite d'une période de paix et aspire à l'indépendance.<br /><br />Sir Rudolf von Slatin<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/rudolph.jpg" alt="" /><br /><br />La domination britannique<br /><br />Pourtant, les Anglais accordent au Darfour une autonomie de jure jusqu'à ce qu'ils soient convaincus pendant la Première guerre mondiale que le sultanat tombe sous la coupe de la Turquie ; ils l'envahissent et l'incorporent donc au Soudan en 1916. Dans le Soudan anglo-égyptien, l'essentiel des ressources va à Khartoum et à la province du Nil Bleu, laissant le reste du pays en marge. Les habitants des états riverains, qui s'appellent eux-mêmes "les enfants du pays", étant fiers de leur rôle central alors qu'ils dénomment les occidentaux "enfants de l'ouest", une injure implicite.<br />Dans le même temps, les Africains sont appelés péjorativement "les Noirs". Pendant la durée du condominium, 56 % des ressources vont à Khartoum et aux provinces de Kassala et du nord contre 17 % pour le Kordofan et le Darfour, ce qui veut dire que ce dernier ne reçoit que 5 à 6% du total, le Kordofan absorbant le reste. Ceci alors que les provinces proches du Nil ne concentrent que 2,3 millions d'habitants contre 3 millions à l'ouest du pays. Le Darfour, comme le reste du Soudan éloigné du Nil, reste une marge peu développée jusqu'à l'indépendance de 1956.<br /><br />L'indépendance nationale<br /><br />Après l'indépendance, le Darfour devient une zone phare du parti Umma, mené par Sadiq-al-Mahdi. Dans les années 60, certains habitants commencent à contester la négligence de l'Umma pour le Darfour, en dépit du soutien politique apporté par celui-ci. La désillusion apportée par les partis basés sur des sectes religieuses, le Parti Unioniste Démocratique et Soufi à l'est et l'Ansar/Umma à l'ouest, mène à une montée temporaire des partis régionaux, dont le Front du Développement du Darfour. Au moment des discussions au sujet d'une constitution islamique proposée par Hassan-al-Turabi, les musulmans du Darfour, les montagnes Nuba et les Collines de la Mer Rouge rejoignent les sudistes dans l'opposition, percevant la constitution comme un stratagème du centre pour consolider sa mainmise sur les périphéries. La fracture de l'Umma aboutit à la première tentative démagogique de séparer les "Africains" des "Arabes" aux élections de 1968, une tâche difficile étant donnés les liens qui les unissents et la distinction impossible de couleur de peau. Sadiq-al-Mahdi, pensant que les Fur et les autres tribus "africaines" forment une majeure partie de l'électorat, s'allie avec le Front du Développement du Darfour et accuse les Arabes de négliger la région. Cela laisse l'opposant de Sadiq, son oncle Iman al-Hadi, en mesure de courtiser les Baggara en employant la rhétorique de "l'arabisme" en offrant l'espoir d'être incorporé dans le centre prospère du pays.<br /><br />A ce sous-développement et à ces tensions politiques locales s'ajoute l'instabilité frontalière avec le Tchad. Premiere al-Mahdi autorise le FROLINAT, la guérilla qui essaye de renverser le président tchadien François Tombalbaye, à établir ses bases arrières au Darfour en 1969. Pourtant, les combats internes dans le FROLINAT tuent des douzaines de citoyens du Darfour en 1971, conduisant le président soudanais Gaafar Nimeiry à expulser le groupe de son territoire. Le tout est compliqué par le nouvel intérêt du président lybien Khadafi dans le conflit au Tchad. Obsédé par la vision d'une création d'une bande de nations sahéliennes à la fois musulmanes et culturellement arabes, Khadafi fait une offre à Nimeiry pour fusionner leurs deux pays en 1971. Pourtant, Khadafi perd ses illusions sur les "qualités arabes" de Nimeiry après que celui-ci signe en 1972 l'accord d'Addis-Abbeba, qui clôt la première guerre civile soudanaise avec le sud. La Lybie réclame alors la bande d'Aozou et commence à soutenir le FROLINAT contre le président Tombalbaye, noir et chrétien, supportant aussi les militants partisans de la suprématie arabe pour atteindre ses objectifs par la force, dont la Légion Islamique et le Rassemblement Arabe du Darfour, ce dernier revendiquant la nature "arabe" de cette province. Nimeiry, préoccupé par l'accueil que Khadafi a réservé à al-Mahdi, son opposant exilé, commence à encourager la fragile administration de Félix Malloum, le nouveau président tchadien après l'assassinat de Tombalbaye en 1975. En représailles, Khadafi envoie une troupe de 1 200 hommes à travers le désert pour assaillir directement Khartoum. La force lybienne est défaite après trois jours de violents combats de rues et Nimeiry choisit alors de soutenir le plus virulent des chefs tchadiens anti-lybiens, Hissène Habré, donnant à ses Forces Armées du Nord un sanctuaire au Darfour. Tous ces événements extérieurs bouleversent la structure sociétale traditionnelle du Darfour. On demande à ces tribus locales si elles se rattachent aux "Arabes progressistes et révolutionnaires" ou aux "Africains réactionnaires et anti-arabes". Le gouvernement de Khartoum, plutôt que de calmer ces nouvelles tensions ethniques, préfère les exacerber quand elles lui semblent utiles dans le conflit Lybie-Tchad-Soudan.<br /><br />Une instabilité croissante<br /><br />En 1979, Nimeiry désigne au Darfour le seul gouverneur provincial qui ne soit pas de la population locale. La désignation du walad-al-beled de la vallée du Nil, choisi pour superviser le soutien à Habré, provoque des émeutes des habitants du Darfour dans le Soudan dans lesquelles trois étudiants sont tués. Nimeyri fait machine arrière de peur que ses bases anti-lybiennes ne soient compromises. Dans un cycle plus long, la réduction graduelle des précipitations annuelles, couplée avec une population en augmentation, a entamé une période d'assèchement des terres cultivables le long de la bordure sud du Sahara qui augmente le taux de désertification, qui en retour provoque une exploitation intensive des terres restantes. La sécheresse du milieu des années 70 au début des années 80 conduit à une immigration massive du nord du Darfour et du Tchad dans la ceinture centrale de cultures.<br />En 1983 et 1984, les pluies ne tombent plus. Quand le gouvernement de Khartoum refuse de prendre en compte les avertissements au sujet de la déficience des récoltes pour ne pas nuire à l'image de l'administration, le gouverneur de l'administration dominée par les Fur au Darfour démissione pour protester.<br />La région est plongée dans une famine horrible. Tandis que 60 à 80 000 habitants gagnent Khartoum pour trouver de quoi manger, le gouvernement les déclare être des réfugiés tchadiens et les conduit en camion au Kordofan dans l'opération dite "Glorieux Retour", et cela seulement pour les voir revenir dans la capitale en raison de l'absence de nourriture dans cette province. La famine tue au moins 95 000 habitants du Darfour sur une population de<br />3,1 millions de personnes, et il est clair que les morts auraient pu être en grande partie prévenues. Les tentatives par certains commentateurs d'attribuer le conflit au changement climatique ont été déboutées. Un érudit du centre international Woodrow Wilson déclare : "le défi est d'éviter les formulations déterministes ou trop simplifiées, comme de mettre systématiquement en parallèle le changement de climat avec les génocides et le terrorisme, comme l'ont fait des commentateurs peu regardants.".<br /><br />L'incompétence du régime, combinée avec le début de la seconde guerre civile soudanaise en 1983, sont insupportables pour le pays et Nimeiry est renversé le 5 avril 1985. Sadiq-al-Mahdi revient d'exil, fait un accord avec Khadafi, sans intention de l'honorer, de céder le Darfour à ce dernier en échange de fonds pour remporter les prochaines élections. Nimeiry a été lourdement soutenu par les Etats-Unis et la junte militaire qui a pris le pouvoir agit rapidement pour déranger la politique pro-américaine. Au début d'août 1985, la Lybie commence à envoyer des convois militaires et humanitaires à partir de Benghazi, dont 800 soldats qui installent la base d'Al-Fashir et arment les tribus locales Baggara, que Khadafi considère comme des alliés arabes sur place. A cette époque, les relations entre la Lybie et les Etats-Unis ont empiré dans le mauvais sens, et les appareils américains bombardent Tripoli en avril 1986. Mais la Lybie fournit néanmoins un soutien logistique clé ainsi qu'un appui aérien aux offensives soudanaises dans le sud contre l'Armée populaire de libération du Soudan. Dans le même temps, la famine a considérablement bouleversé la structure de la société du Darfour.<br />Les fermiers réclament chaque lopin de terre pour cultiver davantage, fermant les routes traditionnels utilisées par les éleveurs. Ceux-ci, voyant mourir de faim leurs animaux dans un paysage désseché, essayent de maintenir les routes vers le sud ouvertes, attaquant les fermiers qui se mettent en travers de leur route en n'hésitant pas à répandre le sang si nécessaire. Le Darfour regorge en effet d'une quantité impressionnante d'armes légères en raison des conflits voisins et des rumeurs commencent à circuler d'éleveurs attaquant les fermes et les villages pour nourrir leur bétail ou de villageois s'armant pour assurer leurs défenses. Avec le Darfour en proie à la désolation, l'idéologie de dichotomie Africains contre Arabes commencent à entrer dans les moeurs. Chez certains Africains sédentaires, l'idée que des Arabes machiavéliques de Khartoum aient laissé agir la famine et que les Arabes du Darfour, armés par la Lybie, aient attaqué les fermiers africains trouvent crédit. De manière concomittante, certains Arabes semi-nomades du Darfour commencent sérieusement à penser que les Africains ont tiré vengeance de la famine sur eux en confisquant leurs pâturages.<br /><br />Sadiq-al-Mahdi<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/SadiqalMahdi.jpg" alt="" /><br /><br />En décembre 1991, une troupe de l'Armée populaire de libération du Soudan incluant Daud Bolad, originaire du Darfour, entre dans la région dans l'espoir d'étendre la rébellion du sud vers l'ouest. Avant que les forces de Bolad n'aient pu atteindre les montagnes Marrah, elles sont attaquées par des soldats de l'armée régulière associés à la milice de Beni Halba, montée. Des dizaines de villages Fur qui avaient accueilli sans sourciller les rebelles du sud sont brûlés en représailles. En 1994, le Darfour est divisé en trois états fédéraux au sein du Soudan : le Darfour Nord (Shamal), le Darfour Sud (Janub) et le Darfour Ouest (Gharbur). La capitale du premier est Al-Fashir, celle du second Nyala et enfin, celle du troisième, Geneina. La division est une idée d'Ali al Haj, Ministre des Affaires Fédérales, qui espère qu'en divisant ainsi les Fur, ils ne seront majoritaires dans aucun état et qu'ainsi, des candidats arabes pourront être élus. Si l'on se réfère à Human Rights Watch, le conflit commence dans le Darfour Ouest en 1998. Il est mineur, mais 5 000 Masalit sont tout de même déplacés. Les conflits reprennent en 1999 quand les éleveurs de bétail se déplacent vers le sud plus tôt que d'habitude.<br />Les affrontements sont très violents, avec plusieurs centaines de morts et plusieurs chefs tribaux arabes tués. Le gouvernement envoie l'armée sur place pour solutionner la crise et prend en main les questions de sécurité. Une conférence de réconciliation tenue en 1999 arrive à des compensations. Beaucoup d'intellectuels, de notables Masalit sont arrêtés, interrogés et torturés tandis que les milices arabes soutenues par le gouvernement attaquent leurs villages ; certains chefs arabes et des civils sont aussi tués dans ces affrontements. En 2000, un groupe inconnu publie le Livre Noir, un manuscrit dissident qui souligne la domination du nord et l'appauvrissement des autres régions. Il trouve une large audience et bien que la censure ait empêché sa diffusion, la plupart de ses rédacteurs seront à l'origine du Mouvement pour la Justice et l'Egalité.<br /><br />La Sudanese Air Force<br /><br />La force aérienne soudanaise a d'abord été équipée avec des matériels français et britanniques. Les Britanniques sont le principal fournisseur jusqu'aux années 60, date à laquelle les Soviétiques et les Chinois prennent le relais. Actuellement, l'armée de l'air soudanaise emploie des avions de transport militaires, des jets et des hélicoptères de combat d'origines diverses : Union Européenne, Russie, Etats-Unis. Pourtant, tous les appareils ne sont pas opérationnels en raison du manque de pièces détachées. Il y a peu de bases aériennes au Soudan, une à Khartoum, la capitale. Le Airforces Monthly Magazine de juin 2007 a annoncé que l'Iran et la Chine avaient aidé le Soudan à se rééquiper en matériel aérien. La plus récente acquisition est un lot de 15 à 20 A-5 Fantan, des avions d'attaque au sol chinois, version d'exportation du Nanchang Q-5, lui-même copie chinoise du MiG-19 soviétique.<br />Les Soudanais disposent aussi d'hélicoptères d'attaque russes Mi-24 Hind et Mi-171 (version d'exportation de l'hélicoptère de transport Mi-8 Hip).<br />6 Mi-24 ont été achetés en 1995, et 2 perdus pendant la seconde guerre civile soudanaise mais vite remplacés. 16 autres ont été acquis en 2001-2002 auprès de la Russie. Ces appareils ont été peints en blanc et aux marquages de l'ONU pour couvrir leurs missions de combat au-dessus du Darfour. La base des appareils soudanais sur place est Nyala. 8 Hinds ont été vus en opération sur place, ainsi qu'un Antonov An-26 Curl fourni par une compagnie russe civile. Cet appareil a été modifié avec des points d'emport de bombes et sans doute employé pour des missions de bombardement. Des équipages soudanais s'entraîneraient sur la base iranienne de Dezful-Ardestani dans le sud-est du pays.<br /><br />Les Janjaweed<br /><br />Les Janjaweed (littéralement "homme avec un fusil sur un cheval" ou "homme à cheval") recouvrent une désignation générale qui s'applique aux hommes armés présents actuellement au Darfour, dans l'ouest du Soudan. Si l'on suit la définition de l'ONU, les Janjaweed comprennent des tribus africaines parlant l'arabe, nomades, le coeur étant formé par les Abbala (éleveurs de chameaux) avec un recrutement chez les Lambo de la tribu Baggara (éleveurs de bétail). Ils ont souvent été en conflit avec la population sédentaire. Ce sont eux qui font face aux rebelles du Darfour. Leur nom signifie sans doute quelque chose dans le dialecte de l'ouest du Soudan : "hordes" dans l'arabe courant, mais sans doute pas esprit (de "jinn") ni "jim" (qui sert à désigner le fusil G3), ni de "jawad" (cheval). Ils sont sans doute les successeurs d'une milice arabe tribale, les Murahilin (littéralement les nomades), qui a existé bien des années auparavant. C'est sans doute un dérivé du mot perse "jang", guerre, et de "jangawee", guerrier. Le terme avait été repris par les mahdistes -une vieille tradition de l'ancienne dynastie Roustamide Ibadi de Tunisie qui tenait d'un fond perse. Les Fatimides shiites ismaëliens, qui ont vaincu cette dynastie, l'ont apporté en Egypte et de là au Soudan. Les mahdistes étaient marqués d'une forte empreinte shiite, malgré un fond sunnite. Le terme janjaweed est donc une version arabisée du mot perse, signifiant à peu près "guerriers de la foi" dans les vieilles communautés shiites d'Afrique du Nord à l'époque médiévale.<br />En 1988, le président tchadien Hissène Habré, soutenu par la France et les Etats-Unis, défait l'armée lybienne et met fin aux revendications du colonel Khadafi sur le Tchad. Le protégé tchadien de Khadafi, Ibn Omer Saeed, se replie avec ses milices arabes sur le Darfour, où elles sont accueillies par le Sheikh Musa Hilal, le nouveau chef des Arabes de la tribu Rizeigat du nord du Darfour. Auparavant, les miliciens tribaux de Hilal avaient servi d'intermédiaires pour les livraisons d'armes lybiennes aux Tchadiens soutenus par Khadafi. Une incursion franco-tchadienne détruit le camp d'Omer, mais les armes restent aux mains des tribus arabes locales, pourvue d'une idéologie de suprématie arabe associée au projet de "réunion arabe" porté par la Lybie. Pendant les années 90, les Janjaweed sont ainsi un mélange de milices "arabes" du Darfour et du Tchad, poursuivant un but local de contrôle des terres. La majorité des Arabes du Darfour, regroupée dans la confédération Baggara, reste en dehors des conflits. En 1999-2000, avec des menaces grandissantes d'insurrections dans le nord et l'ouest du Darfour, le gouvernement de Khartoum commence à armer les Janjaweed. Le conflit éclate finalement en février 2003. Après les déboires initiaux de l'armée soudanaise, les autorités décident de s'appuyer sur les Janjaweed : ceux-ci mènent une politique de la terre brûlée sans aucun état d'âme, visant les civils du Darfour comme les rebelles. D'ailleurs, au début de 2006, beaucoup de miliciens janjaweed sont incorporés dans les forces armées soudanaises.<br /><br />Sources :<br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Darfur_conflict" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/Darfur_conflict</a><br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sudanese_Air_Force" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/Sudanese_Air_Force</a><br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Janjaweed" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/Janjaweed</a><br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Darfur" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Darfur</a> Fri, 24 Aug 2007 12:36:50 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=114 MASQUE mortuaire de NAPOLEON /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=113 COMMUNIQUE à l'AFP de Bruno ROY-HENRY, historien <br /><br />LE VERITABLE MASQUE mortuaire de NAPOLEON a été AUTHENTIFIE <br /><br />Le masque mortuaire de l'Empereur est un faux. Ce masque, signé par Antomarchi est probablement celui d'une autre personne. <br /><br />Comme l'a écrit justement le Pr Ceccaldi, ancien directeur du Laboratoire de police scientifique de Paris, ce masque n'est pas morphologiquement acceptable. <br /><br />On sait que Napoléon avait une grosse tête (59 cm de tour de tête, selon Constant) avec des mâchoires puissantes et qu'elle était plutôt de type brachycéphale. <br /><br />Rien de tel d'observable dans le masque officiel. <br /><br />Quel serait donc le masque authentique de l'Empereur ? <br /><br />Georges Rétif de la Bretonne crut l'avoir retrouvé dans le death mask déposé de 1947 à 1973 au Royal United Museum Service Institution (RUSI), à Londres. <br /><br /><a href="http://www.empereurperdu.com/images/rusi2.gif" target="_blank">http://www.empereurperdu.com/images/rusi2.gif</a> <br /><br />Cette assertion fut vivement combattue par les spécialistes de la période impériale. <br /><br />Après avoir disparu des collections du musée anglais, ce masque fut retrouvé au cours d'une vente chez Christies à New-York en novembre 2004. <br /><br /><a href="http://www.empereurperdu.com/images/triplet1.jpg" target="_blank">http://www.empereurperdu.com/images/triplet1.jpg</a> <br /><br />En considérant ce masque, on s'aperçoit d'une ressemblance avec les fils naturels de l'Empereur, notamment avec le comte Alexandre Walewski. <br /><br />En témoigne ce stupéfiant morphing entre une photo de Walewski et une reproduction du death mask (attention, patienter un peu avant que l'animation se déclenche): <br /><br /><a href="http://www.empereurperdu.com/imagegalerie/morphing.avi" target="_blank">http://www.empereurperdu.com/imagegalerie/morphing.avi</a> <br /><br />Le Dr Charlier, jeune légiste de réputation internationale (affaire Agnès Sorel, examen des restes supposés de Jeanne d'Arc) en est convenu. <br /><br />Toutefois, il ne lui était pas apparu possible de conclure si ce masque était celui d'Alexandre Walewski. Pour cela, il aurait fallu disposer du masque lui-même ou pouvoir reconstituer à l'identique le visage d'Alexandre à partir des photographies dont nous disposons. <br /><br />Il n'était donc pas interdit de penser que ce masque était bien celui de Napoléon, pris 46 heures après sa mort, le 7 mai 1821 par le Dr Burton. <br /><br />Mais la preuve formelle n'en était pas apportée. C'est désormais chose faite, suite à une découverte iconographique capitale. En effet, sur le visage de l'Empereur peint par l'artiste anglais Charles Locke Eastlake (Napoléon sur le Bellerophon, 1815), on remarque la présence sur la joue gauche d'une cicatrice. Il se trouve que cette cicatrice figure au même endroit sur le "death mask of Napoleon". <br /><br /><a href="http://www.empereurperdu.com/images/eastlake0.jpg" target="_blank">http://www.empereurperdu.com/images/eastlake0.jpg</a> <br /><br /><a href="http://www.empereurperdu.com/images/deathmask1.jpg" target="_blank">http://www.empereurperdu.com/images/deathmask1.jpg</a> <br /><br /><br />Ce puissant indice signalétique met fin à toutes les polémiques. <br /><br />Il est désormais établi que cette copie du masque Burton, déposée au Royal United Museum Service Institution à Londres de 1947 à 1973 (et vendue à New-York chez Christie's le 2 décembre 2004), représente bel et bien le véritable visage de l'Empereur Napoléon 1er. <br /><br />Bien entendu, il serait dorénavant souhaitable que le faux masque signé par le Dr Antomarchi qui figure encore aux Invalides et dans de nombreux musées de France, comme représentant le visage de l'Empereur sur son lit de mort, soit retiré rapidement de la vue du public. <br /><br />Bruno Roy-Henry <br />Historien<br /> Wed, 15 Aug 2007 13:58:55 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=113 1812 : Bataille de Queenston Heights /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=112 Bataille de Queenston Heights<br />Kingston, Ontatrio, Canada<br />13 octobre 1812<br /><br />Bien que la tentative de percée du Haut-Canada par William Hull se soit soldée par la reddition de Detroit, les Américains tentent le tout pour le tout avant l'arrivée de l'hiver et tentent de prendre pied sur la berge canadienne du Niagara.Le major-général Steven Van Rensselaer, malgré son grade, n'a jamais commandé de troupes au combat. De plus, le commandement américain souffre de querelles internes (particulièrement entre Van Ressenlaer le brigadier-général Alexander Smyth) préjudiciables au bon déroulement d'un assaut de cet envergure. Van Rensselaer commande 6000 hommes dont 1500 réguliers, le reste des troupes étant composé de volontaires et de miliciens. Smyth a à sa disposition 1700 réguliers.<br /><br />L'attaque est initialement prévue le 10 octobre. Smyth reçoit l'ordre de se mettre en route pour Lewinston, où est rassemblée le gros de l'armée, mais choisit une mauvaise route où son convoi s'embourbe jusqu'aux essieux. Il apprend en chemin que l'assaut est reporté au 13 (un déserteur a entretemps emmené avec lui la majorité des avirons nécessaires à la traversée du fleuve) mais refuse de continuer vers Lewiston et s'en retourne à Black Rock. Selon lui, ses troupes seront de nouveau disponibles le 14. Il ne participera pas à la bataille.<br /><br />Du côté britannique, les préparatifs américains ne passent pas inaperçus mais les sujets de Sa Majesté ne sont qu'environ 1300, soit un ratio d'environ 1 contre 6. Isaac Brock est bien en peine de mettre au point un plan de défense efficace.<br /><br />Le village de Queenston se situe au bord du fleuve qui à cet endroit fait 200m de large. Au sud, le terrain s'élève jusqu'à une centaine de mètres de hauteur jusqu'au plateau de Queenston Heights<br /><br />Ordre de bataille simplifié<br />Armée Britannique<br />(1300 hommes) commandés par Isaac Brock et Robert Sheaffe<br />- 49th Foot Compagnie de grenadiers (Cpt James Dennis) et Compagnie de voltigeurs (Cpt John Williams) <br />- 41st Foot (Cpt Derenzy)<br />- Un détachement avec un canon de 3 pounder Grasshopper (Cpt Holcroft)<br />- 2nd York militia (The York volunteers)<br />- Une compagnie de milice locale et quelques compagnies du 5th Lincoln Regiment (pas en service actif mais susceptibles d'être rapidement rassemblées)<br />- Un canon de 18 pounder était installé dans un redan à mi-chemin des Heights<br />- Un canon de 24 pounder et une caronade se trouvaient quant à eux situés à Vrooman's point, à 1.5Km du village<br /> -Guerriers Mohawks (John Norton et John Brant)<br /><br />Armée Américaine<br />(6000 hommes, 1500 engagés dans l'affrontement) commandés par Stephen Van Rensselear (puis le capt John E.Wool) <br />- 6th, 13th et 23th d'Infanterie et un détachement d'artillerie servant comme fantassins (Col. John Chrystie et John Fenwick) <br />- Cinq régiments de miliciens de New York (Col Solomon Van Rensselaer, cousin du major général)<br />- Un bataillon de fusiliers volontaires 2 canons de 6 pounder et 2 de 18.<br />- Douze bateaux (capacité 30 hommes) et 2 plus gros (capacité 80 hommes)<br /><br />Constitution de la force expéditionnaire<br />1ère vague d'assaut<br />A 3h00 les Américains commencent la traversée du fleuve. Ils sont repérés par une sentinelle qui évite de donner l'alerte en tirant un coup de feu mais qui se précipite au QG de Dennis. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils sont en train de débarquer, les hommes de Van Rensselaer subissent une volée de tirs. Van Rensselaer est touché 6 fois. Il survivra à la bataille mais ne pourra que peu y participer, affaibli par la perte de sang. Il est remplacé au pied levé par le Capitaine John E. Wool (13th d'Infanterie) qui tente de maintenir la tête de pont américaine.<br /><br />Finalement les hommes de James Dennis sont repoussés dans le village mais se mettent en position défensive à l'abri des maisons.<br />Rapidement l'artillerie britannique se met à bombarder la zone d'embarquement américaine à Lewiston pendant que l'artillerie américaine bombarde Queenston.<br />A mesure que l'aube point les artilleurs britanniques se font de plus en plus précis et tiennent 3 bateaux ennemis sous leur feu dont les 2 plus gros. L'un d'entre eux emporteJjohn Chrystie qui ordonne au capitaine de poursuivre sa route mais ce dernier refuse et retourne à terre, suivi par une autre embarcation.<br /><br />2e vague d'assaut<br />La plus grande partie de la seconde vague menée par le lieutenant-colonel John Fenwick échoue dans son action, soit qu'elle ait été démantelée au cours de la traversée, soit qu'elle ait dérivé trop loin, pour débarquer sur une plaine où elle sera rapidement encerclée par les forces britanniques.<br /><br />Isaac Brock, alors à Fort George entend la canonnade au loin. Pensant qu'il ne s'agit peut-être là que d'une diversion il n'envoie que quelques compagnies à la rescousse mais se dirige lui-même vers Queenston pour en avoir le coeur net. Il arrive au village à l'aube et s'installe dans le redan situé à mi-hauteur des Heights. <br />De son côté le capitaine Wool, voyant que le canon du redan cause de gros dégâts aux bateaux américains mais qu'il est peu gardé, suggère à Van Rensselaer (alors sur le point d'être évacué) d'utiliser un sentier de pêcheur dont il a entendu parler par les autochtones pour s'emparer de la position. Le colonel accepte et Wool et ses hommes parviennent à trouver le sentier et à monter au niveau du redan. Ils attaquent au moment où Brock et quelques hommes arrivent. Fantassins et artilleurs retraitent jusqu'au village. Brock fait alors envoyer un message au major-général Roger Hale Sheaffe lui demandant d'intervenir au plus tôt avec le maximum de renforts. Il décide cependant de reprendre l'ouvrage immédiatement sans l'attendre. <br />La première charge, que Brock dirige lui-même, est menée par les 2 compagnies du 49th et 2 compagnies de miliciens. L'assaut aboutit mais une violente contre-attaque de Wool repousse les Britanniques au pied de la hauteur. Brock décide de repartir pour un second assaut, bien qu'il ait été blessé au cours du premier.<br />La haute stature, ses gestes énergiques et son uniforme rouge aux épaulettes dorées font de lui une cible de choix et il est abattu par un tireur d'élite ce qui donne un coup d'arrêt à la tentative britannique.<br />C'est désormais le peu expérimenté John Macdonnell qui doit mener le 3e assaut qui échoue impitoyablement. Macdonnell est tué, Williams grièvement blessé et Dennis plus légèrement. <br />Emportant avec eux les corps de leurs officiers, les Britanniques refluent à travers Queenston jusqu'à Durham's Farm, à 1.5Km plus au nord. <br />A 10h00, les Américains ne craignent plus que le canon de 24 pounder de Vrooman's Point qui tire à longue portée sur leurs embarcations. Ils parviennent cependant à débarquer plusieurs centaines de troupes fraîches et un canon de 6 pounder. Ils ont à leur disposition le 24 pounder du redan pris par Wool et s'en servent pour bombarder le village mais son champ de tir depuis la rivière est limité.<br />A midi Chrystie et le général Van Rensselaer débarquent, ordonnent la fortification des positions des Heights et retournent sur l'autre rive.<br />Le colonel Winfield Scott prend en charge le commandement des troupes régulières et le brigadier-général William Wadsworth, celui des miliciens. Le millier d'homme qui se trouve sur les Heights est à cet instant totalement désorganisé : Quelques détachements épars, parfois sans officiers. A contrario, certains officiers ont débarqué mais leurs hommes sont de l'autre côté du fleuve. Les miliciens qui sont restés sur la rive américaine ignorent la mort de Brock et la prise de la redoute et refusent de tenter la traversée. <br />Entretemps, les renforts de Fort George commencent à arriver. Un détachement de la Royal Artillery et 2 canons de 6 pounder parvient atteindre Queesnton, soutenu par une compagnie du 41st Foot. Le chef de la milice locale leur indique une position de tir idéale: son propre jardin ! A partir de 13h00 la batterie est en position et il devient à nouveau dangereux pour les Américains de tenter de traverser le Niagara. Au même instant, des guerriers Mohawks, dirigés par les capitaines John Norton et John Brant s'infiltrent jusque sur les Heights et surprennent les avant-postes de Scott. Aucun Américain n'est tué et les assaillants sont repoussés dans les bois mais le moral des soldats se trouve grandement affecté par l'incident tant est grande leur crainte des Indiens dont les cris de guerre peuvent être entendus jusqu'à Lewiston. Van Rensselaer n'a désormais plus aucune chance de convaincre les miliciens de traverser le fleuve. Même les bateliers, des civils, refusent de retourner au Canada pour réembarquer ses hommes. <br /><br />Sheaffe arrive à Queenston à 14h00 et prend le commandement des hommes présents. Après avoir reçu d'autres renforts, il emmène ses troupes jusqu'aux Heights en faisant un détour de 5Km pour les protéger de l'artillerie américaine. Là, il est rejoint par une autre colonne de renfort en provenance de Chippawa. Il est désormais à la tête de 800 soldats (restes des troupes engagées dans la matinée, 5 compagnies du 41th et 7 compagnies de miliciens dont la Runchey's Company of coloured men).<br />Il prend le temps de s'organiser et lance l'assaut à 16h00. Les miliciens, terrorisés par les cris de guerre indiens se débandent et retraitent en masse, laissant Scott avec seulement 300 hommes. Comprenant que sa position est intenable, il tente de couvrir la retraite américaine mais sans bateaux pour traverser le fleuve et sous le tir furieux des Mohawks qui ont perdu 2 chefs, il décide de se rendre aux Britanniques. Même ainsi, les Indiens continuent de tirer sur les hommes massés sur la rive pendant plusieurs minutes. Après qu'il se soit rendu, Scott voit avec dépit et colère 500 miliciens sortir des bois et se rendre eux aussi.<br /><br />Conséquences<br />Sur les 6000 Américains de Van Rensselaer seuls 1500 furent réellement engagés dans la bataille. Une centaine furent tués, 300 blessés et 925 faits prisonniers (dont Wadsworth, Scott, 4 lieutenant-colonels et 67 officiers). Les Britanniques prirent aussi un canon de 6 pounder et les couleurs d'un régiment de la milice de New York. Ils avaient eu quant à eux 14 tués, et 77 blessés dont James Secord, mari de Laura Secord.<br />Van Rensselaer démissionna sur le champ et fut remplacé par Alexander Smyth. Très controversé, Smyth ne parviendra pas par 2 fois à traverser le fleuve près de Fort Erie et sera profondément détesté par ses hommes. Il finira par rejoindre sa Virginie natale.<br /><br />La mort de Brock fut cependant un coup dur pour les Britanniques. Energique, sûr de lui, il inspirait à ses hommes un respect et une confiance que Sheaffe, fait baron pour sa victoire, ne parviendra pas à obtenir dans les mêmes proportions. Sa défaite 1 an plus tard à la Bataille de York, alors même qu'il était très largement inférieur en nombre à ses opposants laissera aux miliciens et à la population de York un goût amer. Il sera relevé des fonctions au Haut-Canada.<br /> Tue, 14 Aug 2007 10:00:00 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=112 La crise du Darfour /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=111 <b>La crise du Darfour</b><br />Traduit de l'anglais par Stéphane Mantoux<br /><br />Président Omar al-Bashir<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/prsidentalBashir.jpg" alt="" /><br /> <br /><br />La crise du Darfour est un conflit qui se déroule dans cette région de l'ouest du Soudan. Les deux principaux protagonistes sont d'une part l'armée soudanaise, et la milice janjaweed, recrutée principalement parmi les tribus du nord, les Rizeigat, et d'autre part plusieurs autres groupes rebelles, notamment le Mouvement de Libération du Soudan et le Mouvement pour la Justice et l'Egalité, qui recrutent principalement dans les ethnies Fur, Zaghawa et Massaleit. Le gouvernement soudanais, qui publiquement dénie tout soutien au mouvement janjaweed, a fourni de l'argent et une assistance à cette milice et a participé avec elle à des attaques conjointes contre les tribus occupant les territoires sur lesquels les rebelles du Darfour trouvent leurs soutiens. Le conflit a débuté en février 2003. A la différence de la seconde guerre civile soudanaise, qui a opposé les musulmans du nord aux chrétiens et animistes du sud, presque tous les combattants et les victimes du Darfour appartiennent à la première catégorie.<br /><br />Les attaques du gouvernement et des Janjaweed contre la population civile non-Baggara ont provoqué une crise humanitaire majeure. Il y a plusieurs évaluations du nombre de morts, qui tournent toutes autour de plusieurs centaines de milliers. Les Nations Unies pensent que l'on peut chiffrer à 450 000 les personnes tuées dans les combats ou mortes de maladies. La plupart des ONG parlent de 200 000 à 400 000 victimes, en se basant sur les données de la Coalition pour la Justice Internationale, qui ont depuis été reprises par les Nations Unies. Le gouvernement soudanais reconnaît quant à lui le chiffre de 9 000 tués, on s'en doute très sous-estimé... en octobre 2006, on montait à 2,5 millions le nombre de personnes déplacées par la guerre. Le gouvernement soudanais a réussi à contrôler l'information en emprisonnant ou en assassinant les témoins depuis 2004 et en détruisant les preuves comme ces dérangeantes fosses communes, oblitérant leur valeur "légale". Par ailleurs, en obstruant et en arrêtant les journalistes, le gouvernement soudanais a été capable de dissimuler ce qui se passait réellement sur le terrain. Les médias de masse ont à nouveau décrit ce conflit comme un "nettoyage ethnique" et un"génocide" et le font encore sans hésitation. Le gouvernement des Etats-Unis lui-même l'a affirmé, bien que les Nations Unies l'aient récusé. En mars 2007, la mission de l'ONU accuse le gouvernement soudanais d'orchestrer et de prendre part à de "grandes violations" au Darfour et appelle à une action internationale de toute urgence pour protéger les civils sur place.<br /><br />Après des combats très durs en juillet et août 2006, le conseil de sécurité des Nations Unies approuve, le 31 août 2006, la résolution 1706 qui prévoit le déploiement d'une force de 17 300 casques bleus destinée à remplacer la force mal payée et mal équipée de l'Union Africaine, qui compte 7 000 hommes pour maintenir la paix au Soudan. Le Soudan s'oppose fortement à ce projet et affirme que cette force serait considérée comme une troupe d'occupation étrangère. Le jour suivant, l'armée soudanaise lance une offensive de grande ampleur dans la région. Dans le même temps, le conflit devient part intégrante de la plus vaste guerre en Afrique Centrale.<br /><br /><br />Arrière-plan<br /><br />Le conflit au Darfour comporte beaucoup de causes qui s'entremêlent à l'envie. Tandis que le Soudan est enraciné dans une inégalité structurelle entre le centre du pays autour du Nil et les zones "périphériques" comme le Darfour, les tensions s'exacerbent dans les deux dernières décennies du XXème siècle par la combinaison des calamités environnementales, de l'opportunisme politique et des politiques régionales. Un point de grande confusion a été la caractérisation du conflit comme affrontement des populations noire et arabe, une dichotomie qu'un historien a qualifié de "doublement vraie et fausse".<br /><br />A la fin du XIVème siècle ou au début du XVème siècle, la dynastie Keira des Fur, dans les montagnes Marrah, établit un sultanat comportant l'islam comme religion d'Etat. Ce sultanat est conquis par une force de turco-égyptiens qui s'étendent vers le sud, le long du Nil, et qui est à son tour défaite par Muhammad Ahmad, autoproclamé lui-même Mahdi. L'Etat mahdiste s'effondre sous les coups de boutoir de la force britannique menée par lord Herbert Kitchener, qui établit un condominion anglo-égyptien pour diriger le Soudan. Les Britanniques reconnaissent de jure l'autonomie du Darfour jusqu'en 1916, quand ils envahissent la région et l'incorporent au pays. A l'intérieur du Soudan anglo-égyptien, l'essentiel des ressources est consacré à Khartoum et à la province du Nil Bleu, laissant le reste du pays relativement sous-développé.<br /><br />Les habitants de la vallée du Nil, qui ont bénéficié des investissements britanniques, poursuivent le schéma de marginalisation économique et politique après l'indépendance du pays, obtenue en 1956. Aux élections de 1968, les rivalités de factions à l'intérieur du parti dirigeant Umma mènent les candidats, notamment Sadiq-al-Mahdi, à essayer de détacher des portions de l'électorat du Darfour, soit en blâmant les Arabes pour le sous-développement de la région dans le cas d'une politique attirant les peuples sédentaires, ou en appelant les semi-nomades Baggara à soutenir leurs camarades arabes du Nil. Cette dichotomie Arabes/Africains, qui n'est en aucune façon une voie indigène de perception des relations locales, se trouve exacerbée après que le président de la Lybie, Khadafi, se soit focalisé sur l'établissement d'une ceinture arabe par-delà le Sahel et ait proclamé une idéologie de la suprématie arabe. Cela a pour résultat une séquence d'interactions entre le Soudan, la Lybie et le Tchad entre la fin des années 60 et les années 80, incluant la création d'une Légion Islamique appuyée par la Lybie, tandis que le président soudanais Gaafar Nimeiry établit le Darfour comme base arrière d'une force rebelle menée par Hissène Habré, qui tente de renverser le gouvernement du Tchad tout en étant hostile à Kadhafi.<br /><br />En 1983 et 1984, les pluies se font rares et le pays est plongé dans la famine. On compte 95 000 morts au Darfour sur une population estimée à 3,1 millions de personnes. Nimeyri tombe le 5 avril 1985, Sadiq-al-Mahdi revient d'exil, s'entend avec Khadafi pour obtenir de l'argent afin de gagner les élections à venir en échange de la cessation du Darfour à la Lybie, promesse que le Soudanais n'honore pas.<br /><br />Début 2003, deux groupes rebelles locaux, le Mouvement pour la Justice et l'Egalité et le Mouvement de Libération du Soudan, accusent le gouvernement d'oppression à l'égard des non-Arabes. Le second, plus important que le premier, est généralement associé avec les Fur et les Masalit, ainsi qu'avec le clan Wagi des Zaghawa, alors que le premier groupe est formé à partir du clan Kobe des Zaghawa. Plus tard la même année, des leaders des deux bandes, le gouvernement soudanais et les représentants de la communauté diplomatique internationale sont rassemblés à Genève par le Centre pour le Dialogue Humanitaire pour trouver des solutions à la crise. En 2004, le Mouvement pour la Justice et l'Egalité rejoint le Front Oriental, un groupe formé d'une alliance entre deux groupes rebelles tribaux de l'est, les Lions Libres de la tribu Rashaida et le Congrès de Beja. On accuse ce même mouvement d'être en fait contrôlé par Hassan al-Turabi.<br />Le 20 janvier 2006, le Mouvement de Libération du Soudan annonce une fusion avec le Mouvement pour la Justice et l'Egalité pour créer une Alliance des Forces Révolutionnaires de l'Ouest du Soudan. Pourtant, en mai de la même année, les deux groupes négocient encore comme des entités séparées.<br /><br />Hassan al-Turabi<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/IMANHASSANTURABI.jpg" alt="" /><br /><br /><br />Histoire du conflit 2003-2007<br /><br />Le point initial du début du conflit dans la région du Darfour est reconnu comme étant le 26 février 2003, quand un groupe se baptisant lui-même Front de Libération du Darfour revendique publiquement une attaque contre Golo, le quartier général du district de Jebel Marra. Même avant cette attaque, pourtant, le conflit était déjà en marche au Darfour, les rebelles ayant assailli des stations de police, des avant-postes et des convois militaires, et le gouvernement avait engagé en réponse un assaut massif sur la place forte rebelle des montagnes Marrah. La première action militaire des rebelles est l'attaque victorieuse d'une garnison de l'armée dans les montagnes, le 25 février 2002, et le gouvernement soudanais est quant à lui conscient d'un mouvement rebelle unifié depuis l'attaque de la station de police de Golo en juin 2002. Les chroniqueurs Julie Flint et Alex de Waal affirment que le début de la rébellion peut être mieux datée au 21 juillet 2001, quand un groupe de Fur et de Zaghawa se rencontre à Abu Gamra et jure sur le Coran de travailler ensemble pour lutter contre les attaques promues par le gouvernement sur leurs villages. On doit noter que presque tous les habitants du Darfour sont musulmans, tout comme les Janjaweed et les chefs du gouvernement de Khartoum.<br /><br />Minni Minnawi, l'un des chefs de l'Armée de Libération du Soudan<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/Minni.jpg" alt="" /><br /><br /><br />Le 25 mars, les rebelles s'emparent de la garnison de Tine sur la frontière avec le Tchad, capturant des quantités d'armes et de vivres. En dépit de menaces du président Omar-al-Bashir de "lâcher" l'armée, les militaires ont peu de moyens à leur disposition. Les troupes sont à la fois déployées au sud, où la seconde guerre civile soudanaise touche à sa fin, et à l'est, où des groupes rebelles appuyés par l'Erythrée menacent le nouveau pipeline construit pour les champs de pétrole du centre du pays et qui va jusqu'à Port Soudan. La tactique hit-and-run des rebelles met à l'oeuvre des Toyota Land Cruisers, traversant rapidement les régions semi-désertiques, déroutant l'armée, pas du tout entraînée à ce genre d'opérations éclairs en milieu difficile. Pourtant, ses bombardements aériens des positions rebelles dans les montagnes sont dévastateurs.<br /><br />A 5h30 le 25 avril 2003, une force combinée de l'Armée de Libération du Soudan et du Mouvement pour la Justice et pour l'Egalité montée sur 33 Land Cruisers attaque la garnison endormie de al-Fashir. En 4h, 4 bombardiers Antonov et hélicoptères de combat (d'après le gouvernement, 7 selon les rebelles) sont détruits au sol, 75 pilotes, techniciens et soldats sont tués et 32 sont capturés dont le commandant de la base, un Major General. Le succès de ce raid est sans précédent au Soudan : en 20 ans de guerre civile dans le sud, l'Armée de Libération du Peuple du Soudan, un autre groupe rebelle, n'a jamais réussi une telle opération.<br /><br /><br />Le déferlement des Janjaweed (2003)<br /><br />Le raid sur al-Fashir est un moment capital militairement et psychologiquement parlant. L'armée a été humiliée et le gouvernement doit faire face à une difficile situation stratégique. L'armée a clairement besoin d'être réentraînée et redéployée face à ce nouveau type d'opérations et il y a des appréhensions fondées sur la loyauté des nombreux sous-officiers et soldats du rang originaires du Darfour et présents dans les forces armées. La responsabilité de mener le conflit est confiée au renseignement militaire soudanais. Pourtant, à la mi-2003, les rebelles ont eu l'avantage dans 34 engagements sur 38 ! . En mai, l'Armée de Libération du Soudan détruit un bataillon à Kutum, tuant 500 hommes et en capturant 300, et à la mi-juillet 250 soldats supplémentaires sont tués lors d'un raid sur Tine. L'Armée de Libération du Soudan commence à s'étendre plus loin à l'est, menaçant d'étendre le conflit au Kordofan.<br /><br />Pourtant, à ce moment-là, le gouvernement va changer de stratégie. Etant donné que l'armée a été lourdement battue, l'effort de guerre repose sur trois éléments : le renseignement militaire, la force aérienne et les Janjaweed, des éleveurs de troupeaux Baggara armés dont le gouvernement a commencé à se servir pour réprimer l'insurrection Masalit entre 1996 et 1999. Les Janjaweed sont placés au centre de la nouvelle stratégie de contre-insurrection. Les ressources militaires sont concentrées sur le Darfour et les Janjaweed sont constitués en force paramilitaire, avec un équipement en communications complet et même quelques pièces d'artillerie. Les résultats probables d'une telle stratégie sont clairs aux yeux des planificateurs militaires : des schémas similaires ont été employés dans les montagnes Nuba et près des champs pétrolifères du sud pendant la décennie précédente et ont provoqué des violations massives des droits de l'homme et des déplacements forcés de populations.<br /><br />Les Janjaweed, mieux armés, prennent rapidement le dessus. Au printemps 2004, plusieurs milliers de personnes -majoritairement de la population non-arabe- ont été tuées et plus d'un million chassées de chez elles, causant une crise humanitaire majeure dans la région. La crise prend une dimension internationale quand plus de 100 000 de ces réfugiés se déversent dans le Tchad voisin, poursuivis par les miliciens janjaweed qui se heurtent aux troupes tchadiennes le long de la frontière. En avril, ce sont plus de 70 miliciens et 10 soldats tchadiens qui périssent en un seul affrontement. Un observateur des Nations Unies rapporte que les villages non-arabes sont ravagés alors que c'est l'inverse pour leurs homologues arabes.<br /><br />Un milicien janjaweed monté<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/milicienjanjaweed.jpg" alt="" /><br /><br />En 2004, le Tchad ouvre les négociations à N'Djamena, menant le 8 avril à un accord de cessez-le-feu humanitaire entre le gouvernement soudanais, le Mouvement pour la Justice et l'Egalité et le Mouvement de Libération du Soudan. Un groupe se sépare du Mouvement pour la Justice et l'Egalité en avril -le Mouvement National pour la Réforme et le Développement- et ne participe pas aux négociations de cessez-le-feu et à l'accord. Les attaques des Janjaweed et des rebelles continuent pendant les pourparlers. L'Union Africaine forme une commission de cessez-le-feu pour contrôler l'application de ce dernier.<br /><br />L'échelle de la crise sonne comme un avertissement à un désastre imminent, et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, prévient que le risque de génocide est terriblement d'actualité au Darfour. La campagne janjaweed mène à des comparaisons avec le génocide rwandais, un parallèle contesté avec virulence par le gouvernement soudanais. Les observateurs indépendants notent que les tactiques, incluant le démembrement et la tuerie des non-combattants, y compris les jeunes enfants et les bébés, relèvent plus du nettoyage ethnique tel qu'on l'a connu en ex-Yougoslavie, mais avertissent que l'éloignement de la région signifie que des centaines de milliers de personnes sont coupées de toute aide. Le groupe de crise international basé à Bruxelles rapporte en mai 2004 que près de 350 000 personnes pourraient mourir de privations ou de maladies.<br /><br />Miliciens janjaweed<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/Miliciens.jpg" alt="" /><br /><br />Le 10 juillet 2005, l'ex-leader de l'Armée de Libération Populaire du Soudan, John Garang, devient vice-président du Soudan. Mais le 30 juillet, il meurt brutalement dans un accident d'hélicoptère. Sa mort a des répercussions sur le long terme, et malgré une sécurité plus assurée, les négociations entre les différentes factions rebelles du Darfour piétinent.<br /><br />Une attaque sur la ville tchadienne d'Adre près de la frontière soudanaise provoque la mort de 300 rebelles en décembre 2005. Le Soudan est accusé de l'avoir fomentée : c'est la seconde de ce genre en trois jours. Les tensions montantes dans le secteur poussent le gouvernement du Tchad à déclarer son hostilité à l'égard du Soudan et à appeler les citoyens du pays à se mobiliser ensemble contre "l'ennemi commun".<br /><br /><br />L'accord de mai 2006<br /><br />Le 5 mai 2006, le gouvernement du Soudan signe un accord avec la faction de l'Armée de Libération du Soudan menée par Minni Minawi. Mais cet accord est rejeté par deux autres groupes plus restreints, le Mouvement pour la Justice et l'Egalité et une faction rivale de l'Armée de Libération du Soudan. L'accord a été orchestré par l'adjoint au secrétaire d'Etat américain Robert B. Zoellick, Salim Ahmed Salim (au nom de l'Union Africaine), des représentants de l'Union Africaine et d'autres négociateurs étrangers opérant à Abuja, au Nigéria. Cet accord appelle à un désarmement de la milice janjaweed, au démantèlement des forces rebelles et à leur incorporation dans l'armée.<br /><br />Combattant rebelle du Darfour<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/Combattant.jpg" alt="" /><br /><br />Juillet-août 2006<br /><br />Pendant les mois de juillet et août 2006, les combats reprennent, menaçant d'interrompre la plus vaste opération d'aide humanitaire dans le monde, selon les termes des ONG forcées de battre en retraite après des attaques contre leurs personnels. Le Secrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan propose l'envoi d'une force de 18 000 casques bleus dans la région pour remplacer les 7 000 soldats de l'Union Africaine. En juillet, dans la ville du Darfour de Kalma, 7 femmes, qui sortaient d'un camp de réfugiés pour aller chercher du bois, sont attaquées, violées, battues et dépouillées par les Janjaweed. Une fois leur sinistre besogne achevée, ceux-ci les attachent nues et se moquent d'elles avant de s'enfuir.<br /><br />Le 18 août, l'adjoint au chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, l'assistant du Secrétaire Général pour les opérations de maintien de la paix Hedi Annabi, avertit durant une rencontre privée que le Soudan est train d'effectuer des préparatifs pour une grande offensive militaire à venir dans la région. Cet avertissement arrive un jour après la déclaration de l'enquêteur spécial de la commission de l'ONU pour les droits de l'homme, Sima Samar, qui faisait état du peu d'effort du Soudan dans ce domaine en dépit de l'accord de mai. Le 19 août, le Soudan réitère son refus de voir remplacée la force de l'Union Africaine par 17 000 casques bleus, en réponse à une déclaration des Etats-Unis de "menace" à l'encontre du Soudan sur les "conséquences possibles" de cette position.<br /><br />Le 24 août, le Soudan rejette une rencontre prévue avec le Conseil de Sécurité de l'ONU afin d'expliquer l'envoi de 10 000 soldats soudanais au Darfour à la place du contingent des 20 000 casques bleus proposés précédemment. Le Conseil de Sécurité affirme qu'il tiendra la réunion en dépit du refus soudanais. Le même jour, l'International Rescue Committee rapporte que des centaines de femmes sont violées et agressées sexuellement autour du camp de réfugiés de Kalma, pendant les dernières semaines. Les Janjaweed utilisent les viols comme arme de guerre. Culturellement parlant, dans la région, les femmes violées sont considérées comme impures et sont ostracisées. Les femmes sont donc souvent violées en plein air, voire sur des places publiques, afin d'accroître l'humiliation pour elles-mêmes et leurs familles. L'étendue de cette pratique est probablement beaucoup plus grande que les renseignements ne le laissent penser, car les femmes violées sont bien sûr réticentes à se manifester. Le 25 août, le chef du Bureau du Département d'Etat aux Affaires Africaines américain, le secrétaire assistant Jendayi Frazer, avertit que la région est menacée d'une crise grave à moins que la force de casque bleus soit autorisée à se déployer. Le 26 août, deux jours avant la réunion du Conseil de Sécurité, et le jour où Frazer doit arriver à Khartoum, Paul Salopek, un journaliste américain du National Geographic Magazine, passe devant un tribunal au Darfour étant accusé d'espionnage ; il a voyage illégalement dans le pays à partir du Tchad, en raison des mesures sévères interdisant la présence de journalistes étrangers. Il est plus tard relâché après une négociation directe avec le président al-Bashir. Cela intervient deux mois après que Tomo Kriznar, un envoyé présidentiel de la Slovénie, ait été condamné à deux ans de prison pour espionnage.<br /><br /><br />L'ONU propose une nouvelle force d'interposition<br /><br />Le 31 août 2006, le Conseil de Sécurité approuve une résolution afin d'envoyer une nouvelle force de 17 300 casques bleus au Darfour. Le Soudan exprime une forte réticence face à cette proposition. Le 1er septembre, les officiels de l'Union Africaine rapportent que le Soudan a lancé une offensive de grande ampleur au Darfour. Selon leurs dires, 20 personnes auraient trouvé la mort et plus de 1 000 auraient été déplacées dans les combats qui ont commencé plus tôt la même semaine. Le 1er septembre, le Soudan demande à la force de l'Union Africaine de quitter le secteur avant la fin du mois, ajoutant qu'ils "n'ont aucun droit à transférer leur mission à l'ONU ou à une autre force. Les droits sont aux mains du gouvernement soudanais.". Le 4 septembre, dans un mouvement qui ne cause aucune surprise, le président tchadien Idriss Déby appuie l'envoie d'une force de casques bleus. L'Union Africaine, dont le mandat expire le 30 septembre, confirme qu'elle se retirera à cette date. Le jour suivant, pourtant, un haut officiel du département d'Etat américain, qui conserve l'anonymat, affirme à des reporters que la force africaine restera sur place après la fin officielle du mandat, qualifiant cette possibilité "d'option viable".<br /><br /><br />Echec de l'exécution (septembre 2006)<br /><br />Le 8 septembre 2006, le chef du Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU, Antonio Guterres, affirme que le Darfour fait face "à une crise humanitaire". Le 12 septembre, l'envoyé de l'Union Européenne au Soudan, Pekka Haavisto, rapporte que l'armée soudanaise "bombarde les civils au Darfour". Un officiel du Programme alimentaire mondial prétend que l'approvisionnement en nourriture a été interrompu pour au moins 355 000 personnes. Le Secrétaire Général de l'ONU Kofi Annan dit au Conseil de Sécurité que "la tragédie au Darfour a atteint un moment critique. Elle mérite l'attention la plus sérieuse du conseil et une action immédiate." . Le 14 septembre, le leader du désormais défunt Mouvement de Libération du Soudan, alors assistant supérieur du Président de la République et Président de l'autorité régionale d'intérim du Darfour, Minni Minawi, révèle qu'il n'est pas opposé au déploiement d'une force de casques bleus, rompant ainsi la ligne du gouvernement soudanais qui considère cette démarche comme une ingérence occidentale dans ses affaires. Minawi renchérit en affirmant que la force de l'Union Africaine "ne peut rien en raison de son mandat limité". Khartoum, pourtant, reste fermement opposé à la solution des casques bleus, que le président al-Bashir décrit comme un plan colonial, ajoutant qu'il ne veut pas "que le Soudan devienne un autre Irak".<br /><br /><br />Détérioration (octobre-novembre 2006)<br /><br />Le 2 octobre, le plan de l'ONU étant suspendu en raison de l'opposition du Soudan, l'Union Africaine annonce qu'elle va étendre sa présence sur place jusqu'au 31 décembre 2006. 200 casques bleus sont tout de même envoyés pour renforcer le contingent de l'Union Africaine. Le 6 octobre, le Conseil de Sécurité vote pour allonger le mandat de la mission de l'ONU au Soudan jusqu'au 30 avril 2007. Le 9 octobre, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture place le Darfour en tête de liste des priorités alimentaires sur près de 40 pays contenus dans ce rapport. Le 10 octobre, le Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Louise Arbour, affirme que le gouvernement soudanais avait connaissance d'attaques menées par les Janjaweed au sud du Darfour, à Buram, le mois précédent, une attaque qui a vu la mort de centaines de civils.<br /><br />Le 12 octobre, le ministre des Affaires Etrangères du Nigéria Joy Ogwu arrive au Darfour pour une visite de 2 jours. Il presse le gouvernement soudanais d'accepter le mandat de l'ONU. S'exprimant en Ethiopie, le président du Nigéria Olusegun Obasanjo s'exprime contre "le maintien et la vue sous nos yeux du génocide au Darfour". Le 13 octobre, le président américain Georges W. Bush impose des sanctions supplémentaires à ceux qu'il estime complices des massacres dans le Darfur Peace and Accountability Act of 2006. Ces mesures renforcent en fait celles déjà existantes en prohibant tout commerce entre des citoyens américains et le Soudan au sujet du pétrole (bien que les compagnies américaines en aient reçu l'interdiction dès 1997), gelant les avoirs des personnes fraudeuses et leur refusant l'entrée en territoire américain. La mission de l'Union Africaine étant mal équipée et sous-payée, la situation empire jusqu'au 31 décembre, le gouvernement et ses milices ainsi que les rebelles violant le cessez-le-feu. Des travailleurs d'ONG soulignent qu'ils ne peuvent accéder aux zones critiques, avertissant que l'on risque de reconnaître la situation de 2003-2004 au moment où les officiels de l'ONU annonçaient au monde une crise humanitaire au Darfour. Le 22 octobre, le gouvernement soudanais ordonne à l'envoyé de l'ONU Jan Pronk de quitter le pays sous 3 jours. Pronk, l'officiel le plus titré présent dans le pays, a été sévèrement critiqué par l'armée après avoir mis en ligne sur son blog des billets évoquant des défaites militaires de celle-ci au Darfour. Le 1er novembre, le gouvernement américain annonce qu'il va proposer un plan international, en espérant que le Soudan le trouvera à son goût... Le 9 novembre, le haut conseiller au président soudanais Nafie Ali Nafie annonce aux reporters que le gouvernement va entamer des négociations sans conditions avec le Front National de Rédemption -l'alliance rebelle du Darfour- mais offre peu de certitudes sur l'espoir d'un accord. Le Front, qui a rejeté l'accord de mai (sauf une fraction dissidente du Mouvement de Libération du Soudan), ne fait pas de commentaires. Il a déjà cherché auparavant un autre accord. Fin 2006, les Arabes du Darfour montent leur propre mouvement rebelle, les Troupes des Forces Populaires, et annoncent le 6 décembre qu'elles ont repoussé un assaut de l'armée à Kas-Zallingi le jour précédent. Dans une autre annonce, ils qualifient les Janjaweed de mercenaires qui ne représentent pas le peuple arabe. Depuis 2003, de nombreux groupes arabes ont manifesté leur opposition à la guerre menée par le gouvernement au Darfour, certains signant même des accords politiques avec les rebelles.<br /><br />Le village de Um Zeifa incendié par les milices janjaweed<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/village.jpg" alt="" /><br /><br /><br />Le compromis proposé d'une force de l'ONU et l'offensive soudanaise<br /><br />Le 17 novembre, des rumeurs font état d'un accord potentiel pour disposer "une force de maintien de la paix de compromis" au Darfour, mais la solution est en fait rejetée par le Soudan. L'ONU, pourtant, affirme le 18 novembre que le Soudan a accepté le déploiement de cette force. Le Ministre des Affaires Etrangères soudanais Lam Akol affirme "qu'il ne doit pas y avoir de discussions autour d'une force mixte" et que le rôle de l'ONU doit se cantonner dans un support technique. Le 18 novembre également, l'Union Africaine annonce que l'armée soudanaise et les milices qu'elles soudoient ont lancé une opération aéro-terrestre de grande ampleur dans la région qui a déjà tué 70 civils. L'Union Africaine parle d'une "violation délibérée des accords de sécurité". Le 25 novembre, un porte-parole du Haut Commissaire de l'ONU pour les Droits de l'Homme accuse le gouvernement soudanais "d'avoir provoqué une attaque délibérée" contre les civils de la ville de Sirba le 11 novembre, tuant au moins 30 personnes. Le délégué du Commissariat prétend que "contrairement aux dires du gouvernement, il apparaît que les forces armées ont lancé une offensive d'ampleur sur la cité et les propriétés des habitants, qui implique aussi une destruction et un pillage effrénés des biens de ces derniers".<br /><br /><br />Janvier-avril 2007 : accord de cessez-le-feu et sa rapide dissolution<br /><br />En accord avec la coalition Sauvez le Darfour, le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson et le président al-Bashir conviennent d'un cessez-le-feu dans lequel "le gouvernement soudanais et les groupes rebelles cessent les hostilités pendant 60 jours durant lesquels ils essayent de parvenir à une paix durable. Par ailleurs, la presse appuyant Sauvez le Darfour annonce que l'accord contient "un certain nombre de concessions pour améliorer l'aide humanitaire et l'accès des médias dans le Darfour". En dépit de cette formalité accomplie du cessez-le-feu, d'autres tueries sont signalées par les médias ainsi que d'autres violences. Le dimanche 15 avril 2007, des soldats de l'Union Africaine sont pris pour cible et certains abattus. Le New York Times écrit qu'un rapport confidentiel de l'ONU affirme que le Soudan achemine des armes et de l'équipement lourd au Darfour en violation de la résolution du Conseil de Sécurité et repeint ses avions militaires aux couleurs de l'Union Africaine ou de l'ONU. La violence s'étend aussi au Tchad voisin, dans la zone frontalière. Le 31 mars 2007, des miliciens Janjaweed tuent 400 personnes dans la région frontalière de l'ouest du Tchad. L'attaque a lieu sur les villages de Tiero et Marena. Ils sont encerclés et criblés de balles. Les villageois en fuite sont pourchassés. Les femmes sont enlevées et les hommes abattus selon le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l'ONU. Beaucoup des survivants meurent de privations ou de déshydratation dans leur fuite. Le 14 avril, d'autres attaques ont lieu dans les mêmes villages. Le 18 avril, le président Bush donne un discours au mémorial américain de l'Holocauste dans lequel il critique le gouvernement soudanais et menace de futures sanctions si la situation ne s'améliore pas. Ces sanctions comprennent des restrictions commerciales et monétaires avec le gouvernement soudanais ainsi que 29 entreprises du pays.<br /><br /><br />Les charges du Tribunal Pénal International<br /><br />Le ministre des affaires humanitaires du Soudan, Ahmed Haroun, et un chef de milice janjaweed, connu sous le nom d'Ali Kushayb, ont été condamnés par le Tribunal Pénal International pour 51 faits de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Ahmed Haroun rétorque "qu'il ne se sent pas coupable", que sa conscience est sans tâche, et qu'il est prêt à assurer lui-même sa défense.<br /><br /><br />Mai 2007<br /><br />Le président soudanais Omar al-Bashir et le président tchadien Idriss Deby signe un accord de paix le 3 mai 2007 visant à réduire la tension entre les deux pays. L'accord a été soutenu par l'Arabie Saoudite. Il cherche à garantir que chaque pays ne sera pas utilisé pour héberger, entraîner et fonder des mouvements armés opposés à son voisin. Le service des nouvelles de Reuters rapporte que "les craintes de Deby quant à l'UFDD de Nouri qui a peut-être été soutenue par l'Arabie Saoudite et le Soudan l'ont poussé à conclure le pacte avec al-Bashir jeudi à travers la médiation saoudienne". Colin Thomas-Jensen, un expert sur le Tchad et le Darfour qui travaille avec le think-tank Groupe de Crise Internationale a montré des doutes si "ce nouvel accord mènera à un véritable dégel dans les relations ou une amélioration quant aux conditions de sécurité". Par ailleurs, l'Union des Forces de la Démocratie et du Développement (UFDD), un mouvement rebelle tchadien, qui a mené une campagne de guérilla contre le président Deby dans l'est du Tchad depuis 2006, affirme que l'accord négocié avec les Saoudiens n'arrêtera pas sa campagne militaire. C'est seulement la politique de la carotte et du bâton que mènent les Saoudiens avec l'UFDD qui a poussé Deby à la table des négociations. Ainsi l'accord se fait au détriment total des rebelles soudanais, laissant au gouvernement de Khartoum les mains libres. C'est pendant le mois de mai que le site Google Earth incorpore les localisations de conflit au Darfour.<br /><br />A-5 Fantan de construction chinoise à Nyala, mars 2007<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/A5.jpg" alt="" /><br /><br /><br />La politique de sape des sanctions par la Russie et la Chine<br /><br />Amnesty International produit un rapport accusant la Chine et la Russie de fournir des armes, de l'équipement militaire et l'assistance technique nécessaire. Ce matériel a été convoyé au Darfour pour être utilisé par l'armée et les Janjaweed, violant ainsi l'embargo de l'ONU sur les armes à destination du Soudan. Dans le rapport, on trouve des photos de jets chinois Fantan à Nyala, au Darfour, ainsi que celle d'un Antonov 26 peint en blanc. Le rapport prouve aussi que l'armée soudanaise a mené une politique de bombardement sans restrictions des villages civils au Darfour et dans l'est du Tchad en employant des avions d'attaque au sol et des Antonov. Le rapport recèle aussi un cliché d'un Mi-24 Hind, hélicoptère d'attaque russe (reg. n°928), stationné à Nyala en mars 2007. La Sudan Air Force a employé ce type d'appareil depuis plusieurs années en soutien des attaques des miliciens janjaweed sur les villages du Darfour. Le rapport montre aussi comment les Soudanais camouflent leurs appareils en les repeignant en blanc pour prétendre qu'il s'agit d'avions civils, et neutres. L'Antonov An-26 a été ainsi utilisé pour des missions de bombardement. La Chine et la Russe dénient avoir rompu les sanctions de l'ONU. La Chine a des liens étroits, pourtant, avec le Soudan, et a renforcé sa coopération militaire avec le pays début 2007. En raison des riches ressources pétrolières du Soudan, la Chine considère ce partenariat comme stratégique pour alimenter sa croissance économique en plein boom. La Chine a aussi des intérêts commerciaux directs dans le pétrole soudanais. La compagnie d'Etat CNPC contrôle 60 à 70% de la production de pétrole du pays. Par ailleurs, la Chine possède la plus grande part du capital de la compagnie nationale soudanaise du pétrole (40 %), la Greater Nile Petroleum Operating Company. La Chine s'est souvent opposée avec conviction aux sanctions économiques et non-militaires à l'encontre du Soudan.<br /><br />Un Mi-24 Hind au-dessus du Darfour<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/Mi24Hind.jpg" alt="" /><br /><br />Juin 2007<br /><br />Oxfam, une fédération d'organisations internationales, annonce le 17 juin qu'elle abandonne Gereida, le plus grand camp du Darfour, où plus de 130 000 personnes ont trouvé refuge. L'agence met en avant l'inaction des autorités locales du Mouvement de Libération du Soudan, qui contrôle la région, et qui est incapable de protéger les travailleurs internationaux. Un employé de l'ONG Action by Churches Together est assassiné en juin dans l'ouest du Darfour. Les attaques à mains armées contre les véhicules des Nations Unies et des autres organisations sont fréquentes -ce qui fait réfléchier ces dernières à deux fois avant de rester dans la région.<br /><br /><br />Juillet 2007<br /><br />BBC News annonce qu'un énorme lac souterrain a été découvert dans la région du Darfour. On pense que cette découverte pourrait mettre fin à la guerre en éliminant la compétition existante pour le contrôle des ressources en eau. La France et le Royaume-Uni annoncent qu'elles vont faire pression pour une résolution de l'ONU prévoyant une force de casques bleus et de troupes de l'Union Africaine, ainsi que pour un cessez-le-feu immédiat ; elles sont prêtes à offrir une aide économique substantielles aussitôt que le cessez-le-feu le permettra.<br /><br />Carte du Darfour<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/carte.jpg" alt="" /><br /><br /><br />Carte des villages détruits au Darfour au 2 août 2004<br /><br /><a href="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/Cartegrande.jpg" target="_blank"><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/darfour/Cartedesvillages.jpg" alt="" /></a><br /><br /> Wed, 08 Aug 2007 11:57:45 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=111 Le conflit dans le nord du Liban /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=110 Le conflit dans le nord du Liban débute lorsque des combats éclatent entre le Fatah-al-Islam, une organisation islamiste militante et les forces armées libanaises le 20 mai 2007 dans Nahr-al-Bared, un camp de réfugiés palestiniens près de Tripoli, au Liban. C'est le plus grand affrontement à l'intérieur du pays depuis la guerre civile de 1975-1990. Le conflit tourne en ce moment-même au siège de Nahr-al-Bared.<br /><br />Le camp de réfugiés de Nahr-al-Bared<br /><br />Le Liban est le pays d'accueil de plus de 350 000 réfugiés palestiniens, incluant les descendants de ceux qui ont fui Israël ou ont été expulsés pendant la guerre israëlo-arabe de 1948. L'exil était supposé temporaire, pourtant les réfugiés ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. Comme dans beaucoup d'autres pays arabes, la nationalité libanaise leur est refusée, et la plupart sont bannis de tout sauf des travaux les plus pénibles, forçant ces réfugiés à vivre essentiellement de l'aide des Nations Unies. En 1962, les Palestiniens sont décomptés comme étrangers au Liban, sans regard de leur durée de séjour dans le pays. Les non-Libanais, dont les Palestiniens, se voient privés d'emplois dans plus de 70 compétences diverses, jusqu'en 2005, quand la nouvelle législation débloque 50 de ces mêmes emplois. Le Liban n'a rien fait pour améliorer la situation. La guerre civile libanaise rend également le gouvernement très méfiant à l'encontre des réfugiés palestiniens, mais celui-ci ne rentre pas dans les camps conformément à un accord arabe de 1969. Tandis que certains réfugiés sont naturalisés et intégrés à la société libanaise, la plupart ne le peuvent pas, ainsi que dans d'autres sociétés arabes voisines, et sont parqués dans les camps.<br />Les résidents actuels sont les descendants de ces réfugiés palestiniens. On leur refuse l'accès à Israël ou aux nations arabes qui refusent de reconnaître la légitimité de la création d'Israël mandatée par l'ONU. Le camp de réfugiés palestinien de Nahr-al-Bared est situé à 16 km au nord de Tripoli près de la route côtière : il est sous surveillance depuis le mois de février, moment où deux bus sont victimes d'attentats à la bombe à Ain Alak, un village à majorité chrétienne près de Bikfaya. Les militants du Fatah-al-Islam basés dans le camp sont montrés du doigt. Près de 30 000 déplacés palestiniens vivent dans le camp, où les militaires libanais ne peuvent pénétrer en raison de l'accord de 1969.<br /><br />Un M48 Patton de l'armée libanaise à Tripoli<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/guerreliban/1/M48.jpg" alt="" /><br /><br /><br />Le Fatah-al-Islam :<br /><br />Le Fatah-al-Islam ("conquête de l'Islam") est un groupe arabe islamiste sunnite formé pour la première fois en novembre 2006. Il a été dépeint comme un mouvement djihadiste militant tirant son inspiration d'al-Qaeda. Il ne faut pas le confondre avec le parti séculier palestinien, le Fatah.<br /><br />Origines<br /><br />Le mouvement est mené par un militant fugitif appelé Shaker-al-Abssi, un réfugié palestinien né à Jéricho en 1955, qui a été pilote avec le rang de colonel. Les premières actions militantes du personnage peuvent être retrouvées : des connections sont établies avec un groupe militant palestinien séculier, le Fatah-al-Intifada, en Lybie, séparé de l'ombrelle du Fatah depuis 1983. De la Lybie, Al-Abssi se déplace à Damas, où il est dans l'entourage du n°2 du Fatah-al-Intifada, Abu Khaled-al-Omla. Les autorités syriennes l'arrêtent en 2000 et le condamnent à trois ans de prison pour contrebandes d'armes entre la Jordanie et la Syrie. Le gouvernement le relâche plus tard et il s'embarque pour l'Irak après l'invasion américaine de mars 2003, combattant aux côtés de groupes affilées à al-Quaeda. On dit qu'il devient l'ami de membres importants de l'organisation sur place. En 2004, al-Abssi est condamné à mort par contumace par un tribunal militaire jordanien pour son implication dans l'assassinat d'un diplomate américain, Laurence Foley. Abu Musab al-Zarqawi est aussi condamné à mort pour ce crime et on pense qu'il a été l'associé de al-Abssi pour ce faire. Il retourne brièvement en Syrie, où il s'attache de nouveau à al-Omla qui l'aide à passer au Liban, où lui-même et un groupe de jeunes connus en Irak installent leur QG du Fatah-al-Intifada dans le village de Helwa, dans l'ouest de la Beqaa, en 2005. En mai 2006, al-Abssi et son petit groupe engagent des affrontements armés avec les soldats libanais qui mènent à la mort d'un jeune Syrien recherché par Damas pour avoir combattu en Irak. Les services de renseignement syriens somment ensuite al-Omla de leur parler d'al-Abssi et de son groupe. L'enquête ne cache pas les liens étroits entre al-Omla et al-Abssi, qui avaient été gardés du secrétaire général du Fatah-al-Intifada, pro-Damas, Abu Moussa, et par extension des autorités syriennes. Al-Omla aurait alors demandé à al-Abssi de quitter la Beqaa, près de la frontière syrienne, et de s'installer dans les camps de réfugiés du nord Liban. En novembre 2006 le comité de sécurité palestinien du camp de réfugiés Al-Badawi de Tripoli remet deux membres du groupe d'al-Abssi aux services de renseignement militaire libanais. Al-Abssi, rendu furieux par cette dernière démarche, rompt alors avec le Fatah-al-Intifada et crée son propre mouvement, le Fatah-al-Islam. En novembre, le groupe s'installe dans le camp de réfugiés de Nahr-al-Bared. Il s'empare de trois complexes ayant appartenu au mouvement séculier précédent qu'ils viennent d'abandonner. Al-Abssi produit alors une déclaration dans laquelle il prétend ramener la religion au sein de la cause palestinienne. En mars 2007, Seymour Hersh, reporter de terrain pour le New Yorker Magazine, soutient que le gouvernement libanais appuie le Fatah-al-Islam pour défaire le Hezbollah. Indépendamment de cela, le Dr Franklin Lamb, chercheur à l'université américaine de Beyrouth, expert du Hezbollah et installé un temps au Liban, dit à peu près la même chose avec plus de détails. Il affirme que l'assistant au secrétaire d'Etat, David Welch, a néogicé avec les Saoudiens et et Saad Hariri, membre du gouvernement Siniora appuyé par les Etats-Unis, pour renforcer le mouvement sunnite, afin que celui-ci puisse attaquer à terme les chiites du Hezbollah.<br /><br />Organisation<br /><br />Le porte-parole officiel du Fatah-al-Islam est Abu Salim. On suppose que le groupe se compose de 150 à 200 combattants dans le camp de Nahr-el-Bared. On est sûr qu'il dispose d'une demi-douzaine de membres palestiniens. Le noyau est cependant formé de Syriens, de Saoudiens et d'autres combattants arabes djihadistes ayant bataillé en Irak, ainsi que d'une cinquantaine de Libanais sunnites. L'ambassadeur syrien affirme que les leaders du groupe sont principalement des Palestiniens, des Jordaniens et des Saoudiens, et que peut-être "deux d'entre eux" sont des Syriens. Le journal Al Hayat rapporte que le Fatah-al-Islam a des liens très étroits avec la Syrie et que le mouvement entre les deux parties est très bien documenté ; la plupart des cadres seraient en fait des officiers syriens.<br /><br />Idéologie<br /><br />Si l'on suit Reuters, les buts essentiels du Fatah-al-Islam sont d'une part d'instituer la loi islamique dans les camps de réfugiés palestiniens et d'autre part de prendre pour cible Israël. Plusieurs nouvelles organisations ont suggéré que le Fatah-al-Islam avait des connections avec al-Quaeda. Quelques rapports prétendent même que le groupe n'est qu'une branche du réseau. Abssi a assuré que ce n'était pas le cas, mais "qu'il était d'accord avec l'objectif d'attaquer les infidèles." . Les statuts du groupe sont apparus sur des sites Web islamistes bien connus pour relayer les informations d'al-Quaeda. L'ambassadeur syrien Bashar Ja'afari, répondant aux attaques libanaises soutenant que la Syrie était derrière le groupe, a révélé que plusieurs personnes avaient été emprisonnées en Syrie pendant trois ou quatre ans pour leurs liens avérés avec al-Quaeda, et qu'après leur remise en liberté ils avaient quitté le pays. Ja'afari a dit aussi que "s'ils retournent en Syrie, ils seront arrêtés." et qu"'ils ne combattent pas au nom de la cause palestinienne, mais au nom d'al-Quaeda.". Le 23 mai 2007, la Ligue Arabe produit un texte "condamnant fortement les actes terroristes et criminels entrepris par le groupe terroriste connu sous le nom de Fatah-al-Islam", ajoutant que le groupe "n'a aucun lien avec la question palestinienne ni l'Islam". Dans une interview à CNN International et l'émission "Your World Today", Seymour Hersh a affirmé qu'un accord négocié entre le vice-président américain Dick Cheney, l'adjoint au conseiller à la Sécurité Nationale Elliot Abrams, le conseiller national à la sécurité saoudien, le prince Bandar bin Sultan, couvre les fonds pour le mouvement sunnite Fatah-al-Islam, fournis par le régime saoudien afin de contrer l'influence shiite du Hezbollah.<br /><br />Activités<br /><br />Le 7 décembre 2006, Le Monde rapporte qu'un haut officiel de l'ONU a été informé par l'OLP et son représentant au Liban, Abbas Zaki, d'une opération montée par le Fatah-al-Islam pour assassiner 36 figures anti-syriennes au Liban. Les agents de sécurité de l'OLP affrontent plus tard le groupe, arrêtant 6 d'entre eux. 4 sont relâchés tandis qu'un Syrien et un Saoudien sont remis aux militaires libanais. Les autorités libanaises accusent également le groupe d'être impliqué dans l'attentat contre deux minibus, le 13 février 2007, tuant trois personnes et en blessant 20 autres, à Ain Alaq. Elles ont identifé 4 personnes ayant reconnues avoir participé à l'attaque. Les autorités libanaises pensent aussi que le mouvement est une couverture pour le renseignement syrien au Liban. Les deux parties nient toutes ces allégations.<br /><br />L'armée libanaise<br /><br />L'armée de la République du Liban est connue sous le nom de Lebanese Armed Forces (LAF) et regroupe trois branches : the Lebanese Army, the Lebanese Navy et the Lebanese Air Force. Elle regroupe environ 72 100 personnels d'active dont 70 000 dans l'armée de terre, 1 000 dans l'armée de l'air et 1 100 dans la marine. Toutes ces branches sont coordonnées par un commandement général installé à Yarzeh, à l'est de la capitale, Beyrouth. Il y a un total de 6 collèges ou écoles militaires dans le pays. Certains cadets peuvent être envoyés dans des pays étrangers pour recevoir une formation supplémentaire. L'équipement des LAF est en grande partie ancien à cause du manque de fonds, des querelles politiques et jusqu'à récemment de la présence de forces armées étrangères. Après la fin de la guerre civile libanaise, les LAF décident d'entretenir au mieux le matériel déjà disponible, et bénéficient de quelques aides mineure de nations extérieures. Environ 85 % de cet équipement est d'origine américaine, le reste étant de fabrication britannique, française ou soviétique.<br /><br />Les différentes branches<br /><br />On trouve :<br />- 5 commandements régionaux.<br />- 11 brigades mécanisées.<br />- 2 régiments d'artillerie.<br />- 1 régiment de commandos.<br />- 5 régiments de forces spéciales.<br />- 1 régiment aéroporté.<br />- 1 régiment de commandos de marine.<br />- 1 brigade de la Garde Républicaine.<br />et des services médicaux, de soutien, de logistique, une police militaire et un régiment de construction.<br />Les fantassins libanais sont essentiellement équipés de M-16 et CAR-15, d'AKMS et d'AK-74.<br />L'armée libanaise dispose de 310 blindés, des T-54/55 et des M-48 A1 et A5.<br />Elle aligne plus de 1 260 véhicules blindés transports de troupe (APC), des M113 A1 et A2, des Panhard M-3, des VAB et des Cadillac Gage Commando. Elle compte 760 véhicules blindés de combat (AFV), AMX-13, Alvis Saladin, Ferret, AML-90 et Staghound. Elle déploie 147 pièces d'artillerie tractées, M101 howitzer de 105 mm, M102 howitzer de même calibre, D-30 de 122 mm, howitzer M-1938 M-30 de même calibre, M-46 de 130 mm et M114 howitzer de 155 mm, A-1 de 155 mm, M198 et Model 50 de même calibre.<br />L'artillerie antiaérienne comprend plus de 30 unités, avec des M42 Duster, des ZU-23, des SA-7A et B Grail. Les missiles antichars guidés sont au moins 70, des ENTAC, MILAN et BGM-71 Tow. Il y a aussi 30 lance-roquettes multiples, BM-21 et BM-11. L'armée libanaise peut compter sur plus de 3 500 véhicules légers de tous types, du Land Rover Defender 90 en passant par les Humvee.<br />La marine comprend 27 navires de combat de petite taille, de construction britannique, 2 navires de débarquement et des patrouilleurs. L'armée de l'air dispose d'au moins 7 Hawker Hunter (non opérationnels) et de plus de 70 hélicoptères (Aérospatiale SA-342 Gazelle, SA-318 Alouette II, SA-319 Alouette III, SA-330 Puma, UH-1H, Bell 212, AB-205, Robinson R44). Il y a quelques appareils d'entraînement et de transport.<br />Le 4 mai 2005, un nouveau système de conscription a été adopté, avec un service de 6 mois, mais en souhaitant la fin du procédé dans les deux années à venir. Le 10 février 2007, ce système de conscription a donc disparu et l'armée est constituée uniquement de volontaires.<br /><br />Les combats<br /><br />20 mai : début de l'affrontement à Tripoli et Nahr-al-Bared<br /><br />Les combats commencent tôt ce dimanche après un raid de la police dans une maison de Tripoli apparemment utilisée par les militants du Fatah-al-Islam. Le groupe militant commence donc à tirer sur les forces de sécurité libanaises, qui répondent, déclenchant ainsi des affrontements au voisinage du camp de réfugiés palestiniens de Nahr-al-Bared près de Tripoli. Les hommes refusent de se laisser arrêter et des combats se propagent dans les rues avoisinantes. La police et l'armée ont conduit le raid après avoir reçu des informations précisant que le Fatah-al-Islam essaierait de cambrioler une banque ce dimanche-là et tenterait "de prendre le contrôle de points forts de la sécurité dans le nord", selon Ahmad Fatfat, le Ministre libanais de la Jeunesse et des Sports, et le cabinet du Premier Ministre Fouad Siniora. Les militants attaquent ensuite un poste militaire libanais à la porte du camp, s'emparant de plusieurs véhicules. Les Libanais envoient des renforts, dont des chars, qui matraquent les positions du Fatah-al-Islam. Au moins 27 soldats sont tués de même qu'un nombre inconnu de militants islamistes et de civils.<br /><br />Fouad Siniora<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/guerreliban/1/FouadSiniora.jpg" alt="" /><br /><br /><br />21 mai : Nahr-al-Bared assiégé<br /><br />Les combats reprennent après une courte trêve déclarée très tôt dans la journée pour transporter morts et blessés dans des ambulances en dehors du camp. Si l'on suit la chaîne d'informations libanaises NewTV, le Fatah-al-Islam aurait ouvert le feu sur les ambulances quittant ou pénétrant dans le camp. L'armée libanaise commence le bombardement du camp sur les positions supposées du Fatah-al-Islam, beaucoup de civils périssent. Les officiels de l'agence des Nations Unies pour les travaux et les secours affirment que certains de leurs membres sont parmi les blessés. Les ONG ne peuvent pas fournir des soins médicaux et se contentent de décompter les morts. Elles essayent d'obtenir un cessez-le-feu pour apporter vivres et matériel médical dans le camp.<br /><br />22 mai : les combats continuent à Nahr-al-Bared, cessez-le-feu<br /><br />En dépit de pourparlers pour un cessez-le-feu, les militants du Fatah-al-Islam continuent à faire face à l'armée libanaise à la périphérie du camp pour la troisième journée consécutive. Les tirs reprennent lorsque les blindés et l'artillerie libanais ouvrent le feu sur les islamistes prenant position dans le camp. Au milieu de la matinée, les combats s'intensifient avec des échanges violents d'armes à feu légères et des tirs de mitrailleuses. Les conditions des réfugiés dans le camp surpeuplé deviennent insupportables en raison des tirs et de l'avance de l'armée libanaise qui refoule les militants islamistes. Les docteurs du camp plaident pour un cessez-le-feu, morts et blessés s'entassant dans les rues. L'électricité est coupée et l'eau est très limitée. Le Brigadier General Bilal Aslam affirme que "l'armée libanaise empêche le ravitaillement et l'aide d'entrer dans le camp". Il prétend aussi que ses adversaires sont stationnés dans les faubourgs, mais pas dans le camp lui-même. Les islamistes disent finalement qu'ils stopperont les combats à 14h30 heure locale. Une trêve fragile permet à 10 personnes de s'enfuir du camp. A Tripoli, un militant du Fatah-al-Islam se fait sauter lui-même après avoir été encerclé par les soldats libanais, dans la même maison que celle investie par le raid des forces de sécurité le 21 mai.<br /><br />23 mai : des milliers de personnes fuient Narh-al-Bared<br /><br />Durant une trêve nocturne annoncée le mardi, près de 2 000 personnes fuient le camp de réfugiés palestiniens. Quelques-uns partent à pied, la plupart dans des voitures et des vans. Le Croissant Rouge les aide à s'installer dans le camp de Beddawi, où ils passent la nuit dans des écoles. D'autres rejoignent la ville de Tripoli toute proche. Des rapports annoncent que des snipers tirent sur les réfugiés en déplacement. La trêve semble se terminer lorsqu'un convoi d'aide de l'ONU est attaqué plus tard dans la nuit. "La situation humanitaire est très, très critique", affirme un porte-parole de l'agence de l'ONU pour les travaux et les secours, "et se détériore à chaque minute. Dans le camp, il n'y aucun hôpital ou centre de soins", capable de rester ouvert pendant les combats.<br /><br />24 mai : des combats sporadiques reprennent dans le camp<br /><br />Le Premier Ministre libanais, Fouad Siniora, appelle à "déraciner" le terrorisme dans son adresse à la nation, blâmant les militants du Fatah-al-Islam d'utiliser les réfugiés palestiniens comme otages dans leur but de déstabilisation du Liban. Le Premier Ministre stipule que le gouvernement ne capitulera pas "devant les terroristes" et travaillera à l'éradiquer. Siniora souligne aussi que les cibles des militaires libanais sont les militants islamistes et non les réfugiés palestiniens. Suivant son discours, les combats reprennent à l'entrée du camp entre militants et armée libanaise. Celle-ci coule deux bateaux gonflables transportant des islamistes du camp. Mais la BBC rapporte que ce jeudi, les affrontements restent décousus, sans bombardement massif comme les jours précédents. Mais les menaces du gouvernement libanais d'une action militaire de grande ampleur contre le Fatah-al-Islam soulève la question des conditions humanitaires des réfugiés coincés dans le camp.<br /><br />25-26 mai : débarquements d'une aide militaire au Liban<br /><br />5 avions de transport militaire affrétés par les Etats-Unis et leurs alliés arabes arrivent à l'aéroport de Beyrouth, convoyant de l'aide pour l'armée libanaise. Un appareil est de l'US Air Force, deux viennent de l'armée de l'air des Emirats Arabes Unis et deux de l'aviation militaire jordanienne. Les avions, provenant des principales bases militaires américaines du secteur, répondent ainsi à un appel à l'aide lancé par le gouvernement libanais. Le samedi 26, deux autres appareils américains atterrissent à Beyrouth remplis de matériel militaire. On trouve des munitions pour armes automatiques et armes lourdes, des pièces de rechange pour hélicoptères et des appareils de vision nocturne. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice réaffirme le soutien américain au gouvernement Siniora et ajoute que le Fatah-al-Islam tente de déstabiliser le gouvernement élu par voie démocratique. Mais le leader du Hezbollah, le Sheikh Hassan Nasrallah, dit qu'il doute de la montée de la sincérité américaine dans son intervention au sein des affaires libanaises. Des échanges minimes d'artillerie ont lieu alors que l'armée libanaise prend position autour du camp de réfugiés. La BBC rapporte que les militants islamistes, retranchés dans le camp, n'envisagent pas de se rendre. Les travailleurs internationaux ne peuvent toujours pas apporter nourriture et aide médicale. Le 26 mai est relativement calme.<br /><br />27-28 mai : les combats reprennent, les négociations continuent<br /><br />Les postes de l'armée libanaise sont bombardés et des tirs d'artillerie sont entendus en fin de journée du 27, en dépit d'un cessez-le-feu à Nahr-al-Bared. Le chef du Fatah-al-Islam affirme que ses hommes ne se rendront pas. Le dernier éclat de violence a lieu tandis que des négociations sont entamées avec les militants islamistes. Le conflit entre alors dans sa première semaine et a fait des douzaines de morts, dont beaucoup de civils. Un membre de l'ONU déclare que 25 000 personnes ont fui le camp mais que des milliers d'autres y sont toujours enfermées. L'armée libanaise reçoit de nouveaux renforts. Les officiels du gouvernement libanais confient à l'AFP qu'ils ont donné aux factions palestiniennes jusqu'au milieu de la semaine afin de trouver une solution pacifique pour désamorcer la crise. Selon la BBC, les membres du Fatah-al-Islam s'alignent désormais sur la rhétorique d'al-Qaeda. Le groupe avait précédemment dit qu'il défendait les musulmans et les Palestiniens du Liban, mais les factions rivales se sont d'elles-mêmes éloignées du groupe.<br /><br />29-31 mai : combats et charges<br /><br />Des combats sporadiques prennent place le 29 entre l'armée libanaise et les islamistes, avec aucun signe tangible de progrès dans les négociations pour mettre fin à dix jours de combats. Un soldat trouve la mort dans les affrontements. Le 30 mai, le Liban accuse 20 des membres du groupe de terrorisme. Les sources judiciaires prétendent que les charges appliquées mercredi à 19 Palestiniens et un Syrien prévoient la peine de mort. Le 31 mai est un jour calme.<br /><br />1er juin : durs combats<br /><br />Le matin, des tirs sévères reprennent entre l'armée libanaise et le Fatah-al-Islam retranché dans le camp. L'artillerie et des mitrailleuses entrent en action tandis que des chars se massent à l'extérieur du camp pour ce qui pourrait bien être l'offensive terrestre finale. Les combats se concentrent aux entrées nord et sud du camp. Au moins 19 personnes trouvent la mort dont 3 militaires libanais.<br /><br />2 juin : l'offensive continue<br /><br />Ce samedi matin l'armée libanaise reprend ses attaques sur le camp, utilisant des frappes d'artillerie et, pour la première fois, d'un hélicoptère de combat (un Gazelle de construction française qui tire deux missiles et mitraille des positions supposées des islamistes). Le Fatah-al-Islam confirme qu'un se ses chefs, Abu Riyadh, a été abattu par un tireur d'élite libanais.<br /><br />3 juin : violences à Ain-al-Hilweh<br /><br />Des combats éclatent ce jour-là entre des militaires libanais et des militants islamistes dans un autre camp de réfugiés palestiniens. Ces violences, près du camp d'Ain-al-Hilweh, proche de la ville de Sidon, impliquent apparemment des membres du Jund-al-Sham. Deux personnes -un soldat et un civil- sont blessées lorsque des militants tirent une roquette sur un checkpoint de l'armée. L'armée répond à ce tir de RPG et deux soldats ainsi que deux militants islamistes trouvent la mort.<br /><br />Le Jund-al-Sham<br /><br />Le Jund-al-Sam (littéralement, en arabe, "Soldats de la Grande Syrie") serait apparu pour la première fois en Afghanistan en 1999, créé par des Syriens et des Palestiniens en contact étroit avec Abu Musab al-Zarqawi, qui, on le sait, sera à l'origine de la mouvance al-Qaida en Irak jusqu'à sa mort provoquée par un raid aérien américain en 2006. Si l'on suit les documents des renseignements européens et les sources du gouvernement jordanien, Zarqawi a fondé le camp de ce groupe avec une somme initiale de 200 000 $ fournis par Ben Laden. Ce camp, près de Herut, est baptisé camp d'entraînement Al Matar et enseigne les techniques djihadistes de la guérilla, de l'utilisation des explosifs et des armes chimiques. Le groupe a certainement abandonné son point d'attache après le début de la campagne d'Afghanistan menée par les Américains pour chasser les talibans du pays, fin 2001. Sa première opération intervient à l'été 2004 avec un attentat à la voiture piégée dans Beyrouth, qui tue un agent du Hezbollah. Les forces de sécurité syriennes ont participé à de nombreux échanges de tirs avec de groupuscule depuis lors.<br /><br />Attaques<br /><br />Le groupe revendique un attentat suicide contre une école britannique du Qatar (The Times, 23 mars 2005) et le nom d'un groupe salafiste ou influencé comme tel dans le camp de réfugiés de Ain-al-Hilweh, près du port méridional du Liban, Sidon. Sa présence est aussi signalée en Syrie. Il a été mis sur la liste des organisations terroristes par la Russie. On ne sait pas exactement s'il a des relations avec "les Combattants pour l'Unité et la Liberté d'al-Sham" qui en décembre 2005 ont revendiqué l'assassinat de Gibran Trueni et ont menacé Detlev Mehlis.<br />En mai 2006, on sait par contre que le groupe s'oppose au Fatah palestinien dans le camp de réfugiés d'Ain-al-Hiweh. Un badaud palestinien, Mohammed Tayssir Awad, âgé de 20 ans, est tué par une balle perdue. L'Associated Press, qui a interrogé un officiel du Fatah, rapporte que le groupe a tenté d'assassiner un responsable militaire du Fatah, Mahmoud Abdul-Hamid Issa, qui marchait en compagnie de ses gardes du corps ; l'un de ces derniers est sérieusement blessé.<br /><br />Le 12 septembre 2006, des militants armés liés au groupe islamiste essaye de détruire l'ambassade américaine à Damas. Les 4 assaillants sont équipés de fusils automatiques et de grenades à mains ainsi que d'un van bourré d'explosifs. Trois sont tués et le dernier blessé ; un officier de l'anti-terrorisme syrien est lui aussi abattu lors de l'engagement.<br /><br />Enfin, ce 3 juin 2007, le groupe tire une roquette antichar sur un point de contrôle de l'armée libanaise du camp d'Ain-al-Hilweh, provoquant la riposte de l'armée libanaise.<br /><br />5 juin : les troupes libanaises continuent de matraquer le camp de réfugiés <br /><br />Tandis que l'armée libanaise intensifie ses opérations sur le camp de réfugiés de Nahr-al-Bared, 7 membres du Fatah-al-Islam se rendent à la mouvance séculière palestinienne du Fatah. Le Fatah est l'organisation la plus présente dans les camps de réfugiés du Liban et celle-ci est toujours en première ligne depuis le début du conflit pour s'opposer aux mouvements se réclamant d'al-Qaïda. Khaled Aref, un des principaux représentants du Fatah dans le camp d'Ain-al-Hilweh, déclare que les factions palestiniennes sur place ont décidé "d'isoler le Jund-al-Sham et de laisser aucune porte d'entrée possible à des événements similaires à ceux de Nahr-al-Bared." .<br /> <br />6 et 7 juin : des jours calmes <br /><br />Ces jours-là, seulement des échanges sporadiques d'armes automatiques et quelques tirs d'artillerie et de mortiers se font entendre. Un soldat libanais est néanmoins tué par un sniper du Fatah-al-Islam retranché dans le camp de Nahr-al-Bared. <br /><br />8 juin : de violents combats reprennent encore<br /> <br />Après une médiation ayant échoué quant à convaincre les islamistes de capituler, l'armée libanaise repasse à l'attaque. Des témoins présents sur les lieux affirment que celle-ci a méthodiquement grignoté les positions du Fatah-al-Islam a l'intérieur du camp durant les semaines précédentes. Le mouvement islamiste menace d'étendre le conflit à d'autres parties du pays. Les forces de sécurité prétendent avoir démantelé une cellule d'al-Quaeda qui se préparait à effectuer des attentats au Liban : 10 personnes sont arrêtées et des armes et des explosifs sont saisis. Par ailleurs, les autorités auraient arrêté à la frontière 9 Irakiens essayant d'entrer au Liban à partir de la Syrie avec de faux passeports roumains. Leurs motivations n'étaient pas claires. <br /><br />9 et 10 juin : lourdes pertes pour l'armée libanaise <br /><br />Passant à l'offensive sur les positions tenues par les islamistes, l'armée libanaise rencontre une résistance acharnée. 9 soldats sont tués rien que le samedi. Les pertes du Fatah-al-Islam demeurent inconnues. L'armée prétend qu'elle est en train de l'emporter, alors que le mouvement islamiste affirme tenir ses positions. Un de leurs porte-paroles dit que les combattants ont capturé des équipements sur l'armée libanaise pendant les combats. Une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes défile à Tripoli pour remercier et supporter l'armée libanaise.<br /><br />11 juin : incident avec la Croix Rouge <br /><br />Deux travailleurs libanais de l'organisation sont tués en dehors du camp de Nahr-al-Bared. Ils étaient en train d'évacuer des civils lorsqu'ils sont touchés par un tir de mitrailleuse ou d'artillerie. Un troisième est sérieusement blessé. Un clerc palestinien, tentant de négocier une trêve, est blessé à la jambe lors d'un autre incident par un tireur embusqué. <br /><br />12 juin : l'armée libanaise avance <br /><br />Les troupes continuent leur progression et parviennent à moins de 80 m de la principale place forte du Fatah-al-Islam à l'intérieur du camp. Le pilonnage massif continue, surtout sur l'entrée nord du camp de réfugiés, dont les bâtiments sont en flammes et d'où se dégagent d'abondantes fumées. Les militants islamistes répliquent en tirant des roquettes sur des postes de l'armée installés sur une colline toute proche. L'armée réussit à prendre le contrôle d'une position clé du Fatah-al-Islam sur la façade côtière du camp.<br /><br />13 et 14 juin <br /><br />Deux jours de calme relatif suivent les combats très durs des jours précédents. <br /><br />15 juin : explosion dans le camp <br /><br />6 soldats libanais sont tués dans l'explosion d'un immeuble piégé par les combattants du Fatah-al-Islam dans le camp de réfugiés. Les sources de la sécurité mentionnent aussi 4 autres soldats blessés par le souffle de l'explosion. Le bâtiment est complètement détruit. <br /><br />18 juin : le bombardement reprend <br /><br />L'armée libanaise recommence le pilonnage du camp de réfugiés palestiniens, un jour après avoir annoncé que d'importantes installations militaires avaient été détruites. Les troupes visent des cachettes soupçonnées du Fatah-al-Islam, alors que les combats entrent dans leur cinquième semaine consécutive. 3 soldats ont été tués et 7 autres blessés dans les derniers affrontements, selon les sources de la sécurité. Le QG du Fatah-al-Islam et un autre bâtiment d'importance auraient été capturés par l'armée libanaise, les drapeaux nationaux flottant à leur sommet. Celle-ci semble acculer le groupe islamiste au sud du camp, secteur où les premiers réfugiés palestiniens s'étaient installés en 1948. Elle bombarde le bâtiment de l'UNRWA, qui comporte 7 étages en sous-sol dans lesquels se cachent les combattants du Fatah-al-Islam, ainsi que le complexe Samed, qui leur a servi de dépôt d'armes et de centre d'entraînement.<br /><br />19 juin : la partie nord du camp est prise <br /><br />Le 19 juin, l'armée libanaise réussit enfin à prendre toutes les positions principales des islamistes. Tous les bâtiments de la partie nord du camp, la plus récente, où étaient retranchés les islamistes du Fatah-al-Islam tombent. Les combats cessent ensuite dans cette zone. 7 soldats libanais ont été tués au cours de cette phase des opérations. L'armée repousse alors les combattants dans la partie sud du camp. <br /><br />21-22 juin : chute du camp <br /><br />Le 21 juin, le ministre libanais de la Défense affirme que toutes les positions du Fatah-al-Islam en bordure du camp de réfugiés, d'où les militants islamistes attaquaient les soldats libanais, ont été détruites ou capturées. Les seules positions restantes sont au centre du camp et ne constituent plus une menace puisque l'armée n'a pas l'intention d'attaquer cette partie du camp. Il déclare par ailleurs que l'opération militaire contre le Fatah-al-Islam est terminée. Mais des combats féroces continuent jusqu'en fin d'après-midi du 22 juin. <br /><br />23 juin <br /><br />L'armée libanaise bombarde un camp de réfugiés palestiniens au nord du Liban après que des assaillants aient tué un soldat et en aient blessé trois autres. Les sources de la sécurité prétendent que les snipers du Fatah-al-Islam ont tiré sur les militaires depuis le camp de Nahr-al-Bared. Cette mort est la première à frapper l'armée libanaise depuis la déclaration de fin des combats.<br /><br /><br />Soldat libanais épaulant un RPG-7 à Tripoli<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/guerreliban/1/Soldatlibanais.jpg" alt="" /><br /><br />Carte du conflit<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/guerreliban/1/Carteduconflit.jpg" alt="" /><br /><br />Sources :<br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/2007_North_Lebanon_conflict" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/2007_North_Lebanon_conflict</a><br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Fatah_al-Islam" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/Fatah_al-Islam</a><br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Jund_al-Sham" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/Jund_al-Sham</a><br /><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Lebanese_army" target="_blank">http://en.wikipedia.org/wiki/Lebanese_army</a> Fri, 08 Jun 2007 11:34:59 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=110 Histoire de la Croix de Fer /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=109 La Croix de Fer<br /><br />Les origines :<br /><br />L’ordre de la Croix de Fer fut créé par le Roi de Prusse Frédéric Guillaume III le 10 mars 1813. Cette décoration était destinée à récompenser les faits d'armes des soldats en temps de guerre à l’époque où la Prusse affrontait les Armées de Napoléon Bonaparte.<br />Elle ne sera donc délivrée que pendant les guerres prussiennes puis allemandes et sera indifféremment attribuée aux soldats sans distinction de grade ou de catégorie sociale.<br /><br />La Croix de Fer a été dessinée par l'architecte et le sculpteur prussien Karl Friedrich Schinkel. Il faut cependant constater qu’il n’a strictement rien inventé, se contentant de reprendre le motif de la Croix des Chevaliers Teutoniques.<br /><br />Croix des Chevaliers Teutoniques<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/croixteuton.gif" alt="" /><br /><br /> Distribuée abondamment après 1813 durant les guerres contre Napoléon, la Croix de Fer est rétablie le 18 juillet 1870 par Guillaume 1° de Prusse puis une nouvelle fois par le Kaiser Guillaume II le 05 août 1914. Une nouvelle version est donc éditée à chaque guerre, la Croix portant la date de début de la guerre en question, 1813, 1870, 1914 puis, enfin, 1939.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/CDF1418.gif" alt="" /><br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/CDF1870.jpg" alt="" /><br /><br /> Pendant la Première Guerre mondiale, une version simplifiée de la Croix de Fer fut utilisée pour la première fois en tant que marque de nationalité allemande. Ainsi, les premiers avions militaires allemands par exemple portaient cette version simplifiée sur leurs voilures revêtues de tissu.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/CDF%20drapeau%20nazi.gif" alt="" /><br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/drapeau%20imperial.png" alt="" /><br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/Croix%20noire.jpg" alt="" /><br /><br /> Ce symbole fut également utilise dans la Wehrmacht et la Luftwaffe, ainsi que sur les drapeaux de bataille aussi bien pendant la 1ère guerre mondiale que pendant le seconde, et perdure de nos jours.<br /><br />Le 1er septembre 1939, Hitler remets en activité cette décoration, il apporte toutefois quelques modifications, désormais quatre classes concernant la croix de fer sont instituées :<br />2° Klasse<br />1° Klasse<br />Ritterkreuz<br />Grosskreuz<br /><br />La pilote d'essai Hanna Reitsch était la seule femme à être décorée de la Croix de Fer en 1942.<br />Les classes les plus élevées de la Croix de Fer figurent depuis 1813 parmi les plus hautes distinctions militaires allemandes. Au même niveau figuraient seulement l'ordre "Pour le Mérite" (Jusqu'en 1918), mais qui ne fut attribué qu'aux seuls officiers, ainsi que l'ordre prussien de "l'Aigle noir", attribué rarement.<br />Théoriquement fondues en acier, les Croix de Fer furent parfois en zinc ou en aluminium durant les périodes de pénuries de la fin de la seconde guerre mondiale.<br /><br />Les différentes classes de Croix durant la 2ème guerre mondiale :<br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/croix.gif" alt="" /><br /><br /><a href="http://www.croixdefer.net/index.php/home" target="_blank">Un intéressant tableau comparatif</a><br /><br /> Une curiosité :<br /><br />Le caporal-chef Angelo de la LVF sera décoré de la Croix de Fer 2ème classe pour un fait d’arme en Russie fin 1941. Les arcanes administratifs en tant de guerre étant ce qu’elles sont, il la recevra en février 1944. De manière tout à fait étonnante et rare, le document officiel fut signé en France par Karl Heinrich von Stulpnagel qui, à cette époque, était le Militärbefehlshaber en France.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/angelo/CDFLVF.JPG" alt="" /><br /><br /> Après la guerre :<br /><br />711 porteurs de la Ritterkreuz ont servi plus tard dans la Bundeswehr dont 114 furent promus au grade d'officier général.<br />Le gouvernement de la République Fédérale Allemande permit à ses vétérans de continuer à porter la Croix de fer mais sans la Croix Gammée (Des feuilles de chêne la remplacèrent au centre de l’insigne).<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/CDF%201957.jpg" alt="" /><br /><br /> Comme la Croix de fer est une décoration de période de guerre, aucune n'a été remise depuis mai 1945.<br />Le 1er octobre 1956, la Croix de Fer devint la marque distinctive de la Bundeswehr sur ordre du Président de la République fédérale d'Allemagne. Colorée en bleu et argent, elle sert aujourd'hui de symbole à la nouvelle Bundeswehr.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/cf/Bundeswehr.jpg" alt="" /><br /><br />Néanmoins, cette forme ne remplace pas la marque de nationalité traditionnelle en couleur noire. On la retrouve, entre autres, peinte sur le fuselage de ses avions ou sur le flanc de ses chars.<br /><br />Sources :<br />Le Lexicon der Wehrmacht<br />Le caporal chef Angelo, par votre serviteur, sur HistoQuiz<br />Divers sites Internet dont le site officiel de la Bundeswehr.<br /> Sat, 05 May 2007 08:15:26 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=109 Le Caporal-Chef Angelo /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=108 Informations et documents transmis par son fils Armando<br /><br /><br />Volontaire fin août 1941, Angelo s’est engagé dès les premiers jours à la LVF, influencé par le milieu social et politique de son époque, Angelo vivait dans le quartier étudiant du 6ème Arrondissement de Paris, le Quartier Latin.<br />Il passe avec succès les très stricts contrôles médicaux et rejoins les premiers volontaires à la caserne Borgnis-Desbordes à Versailles.<br />A 5 heures du matin, il défile de la caserne à la gare de Versailles pour l’embarquement, Versailles dort, les soldats chantent au pas et empruntent le chemin de fer circulaire autour de Paris en wagons, direction le Reich et la Pologne.<br /><br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/angelo/caserneversailles.jpg" alt="" /><br /><i>La caserne Borgnis-Desbordes à Versailles</i><br /><br /> Il sera de la première unité qui atteint Deba, base arrière de la LVF au sud de la Pologne, en septembre 1941.<br />De là, après quelques semaines de formation, c’est le Front de l’Est et les 2 bataillons quittent Deba les 28 et 30 octobre 41, le premier bataillon sous le commandement de capitaine Leclercq, puis du commandant de Planard, le second avec le commandant Girardeau. Angelo fait partie de la 3ème Compagnie.<br /><br />Ils atteignent Smolensk, le 31 octobre 1941.<br />Angelo fête ses 20 ans dans la gare de Smolensk d'où ils prennent la route de Moscou le 6 novembre 1941, marchant dans le terrible climat de l’hiver russe. L'équipement lourd est transporté avec de grandes difficultés dans des chariots à chevaux. Ce voyage est une tragédie : les uniformes et l'équipement individuel ne sont pas adaptés pour les températures d'hiver, tempêtes de neige et pluies glaciales tombent, un tiers des hommes est affecté par la dysenterie. Avant d'atteindre la ligne de front, la LVF a perdu 400 hommes, malades ou perdus.<br />Ils ont par la suite atteint l'extrémité de l’avancée allemande, à 63 kilomètres de Moscou. Ayant été positionnés à l’extrême pointe Est du front, il serait tentant d’imaginer que l’armée allemande ait voulu rendre un hommage guerrier aux Français, eu égard à leur Campagne de Russie… Le régiment 638 est alors incorporé, tout d’abord, à la 7ème Division d'Infanterie du général von Gablenz (ancienne division d’infanterie d’Adolf Hitler lors du Premier conflit mondial.).<br />Le 24 novembre 1941, les 4 pelotons du 1er bataillon se dirigent vers la ligne de front près du village de Djukovo. Le QG régimentaire atteint Golowkowo. La terre est gelée jusqu’à 1m de profondeur. Il faut uriner sur les fusils-mitrailleurs pour qu’ils ne refroidissent pas. Après plusieurs jours d’attentes dans des conditions épouvantables, l'ordre d'attaque est donné le 1er décembre dans une tempête de neige horrible, avec des températures qui ont baissé de - 30 degrés durant la nuit, sans équipement d'hiver, sans l'appui de Panzers.<br />Du côté opposé, la trente-deuxième division sibérienne, bien équipée, bien formée, est soutenue par de l'artillerie lourde. De la chair fraîche par rapport à nos français courageux mais mal préparés.<br />Angelo, dans la nuit du 30 novembre 1941, est désigné pour une mission de reconnaissance du terrain en première ligne dans les bois devant le lac de Djukowo. Pleine lune, neige immaculée, la longue nuit blanche de Biélorussie débute.<br />A trois, à minuit, ils partent en patrouille, se séparent à un croisement de chemins, chacun dans sa direction, repliement dans 2 heures à cet endroit.<br />Angelo seul, marche, écoute, observe la contrée de ces sous-bois de bouleaux. Une salve retenti. Devant lui à 60, 80 mètres une ombre. Pendant 3 heures, cache, cache des deux protagonistes entre les arbres, le jeune volontaire ne lâche pas sa proie, son goût et ses sens de la chasse en montagne reviennent en lui. Le rouge est bien là. Enfin, à l’aube, l’ombre est abattue, un commissaire politique russe.<br />Retour au poste de commandement et avec grande fierté, on est surpris de le retrouver, ses camarades le croyaient mort ou perdu dans cette nature impitoyable.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/angelo/EcussonLVF.JPG" alt="" /><br /><i>L'écusson de manche d'Angelo</i><br /><br /> On lui préconise de retirer ces bottes, sentence : orteils gelés. Il n’est pas le seul…<br />Les Français morts et blessés jonchent le sol ; des armes automatiques sont bloquées par le gel. Au poste médical, le médecin capitaine Fleury lutte pour traiter tous les blessés, les malades et les hommes avec des membres gelés. Après une semaine, le 1er bataillon est presque disloqué et doit être remplacé. Les lieutenants Dupont et Tenaille, des commandants de pelotons réputés, ont été tués par le même obus d'artillerie, le capitaine Lacroix est grièvement blessé.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/angelo/LuigiBioNoel1942.jpg" alt="" /><br /><i>Angelo (à gauche) Noël 1942</i><br /><br /> Plus au Nord, le deuxième bataillon est moins affligé par la bataille, mais autant par les conditions climatiques. Tandis que la 7ème division d'infanterie demeure sur la ligne de front, la totalité du régiment 638 est retiré les 6 et 9 décembre.<br />Il a perdu 65 morts, 120 blessés, plus de 300 malades ou avec les membres gelés. Angelo est parmi les gelés. Dans le wagon des blessés, 30 volontaires, mais après 2 jours de chemin de fer, 8 seulement survivront, Angelo est encore là.<br />Il sera soigné en Pologne, a Bréslau au Lazaret Hôpital<br />Son rétablissement demandera un an, et c’est un Angelo en meilleure forme qui fête la Noël 1942 dans un autre établissement hospitalier, vraisemblablement en France.<br />Angelo sera décoré de la Croix de Fer. Les arcanes administratives en tant de guerre étant ce qu’elles sont, il la recevra en février 1944. De manière tout à fait étonnante et rare, le document officiel fut signé en France par Karl Heinrich von Stulpnagel qui à cette époque était le Militärbefehlshaber en France.<br /><br /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/angelo/CDFAngelo.gif" alt="" /><img src="/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/angelo/CDFLVF.JPG" alt="" /><br /><i> Croix de Fer de 2ème Classe d'Angelo et son certificat signé de la main de Karl Heinrich von Stulpnagel</i><br /><br /> Désormais déclaré inapte au combat, Angelo repart en Allemagne à titre de travailleur à Leipzig aux usines aéronautiques Junker. Là, il fait la connaissance de sa femme Florentine qu’il épouse civilement en 1944.<br />L’Armée Rouge s’approchant de Leipzig printemps 1945, Angelo quitte la ville. Retour en France puis c’est le camp de rassemblement pour étrangers à Remagen, sur le Rhin près de Bonn, interrogatoires etc. Arrêté en 1945 a Valenciennes, Angelo passera quelques mois en prison à Fresnes. Défendu par Maître Isorni, Angelo est acquitté. Il doit d’avoir été défendu par ce prestigieux avocat au plus grand des hasards : Maître Isorni était client d’un restaurant où travaillait la mère d’Angelo.<br />Son épouse Florentine, de Leipzig, réussit à le rejoindre en France en 1947, un amour sans frontières, comme la deuxième guerre mondiale en a généré de nombreux, et Angelo se "refait une vie".<br />Ils se remarient une seconde fois civilement en France et fondent leur famille.<br />Mais le Front de l’Est ne l’avait pas oublié : ses talons de jambes gangrenant, il fut opéré de nouveau en 1967/68 et amputé de la jambe gauche, puis en 1985 de la droite au-dessous des genoux.<br />Comme la plupart des anciens volontaires handicapés, Angelo reçu de la République Fédérale Allemande des prothèses adaptées a son cas.<br />Angelo est décédé en 2005 à l’âge de 84 ans et repose en paix sur le sol français.<br />Que la Paix des braves soit avec lui. Nous nous contenterons, à notre modeste niveau, de l’ajouter à l’infernale liste des victimes de la Deuxième Guerre Mondiale.<br /> Mon, 09 Apr 2007 20:45:31 +0200 /portailhistoquiz/modules/news/article.php?storyid=108